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Fut un temps où les dermatologues disaient à leur jeunes patients que l’acné allait passer après l’adolescence ou après une première grossesse…Las, nombre d’entre vous, et vous êtes majoritairement des femmes, ont bien compris que prendre de l’âge ne réglait pas tout leurs problèmes (pire, les rides côtoient les boutons !).

En effet, jusqu’à 40-50% des femmes occidentales ont de l’acné; et l’impact sur la qualité de vie est énorme, quel que soit le nombre des lésions. Et cette pathologie, très complexe et non totalement comprise ne fait, est parfois désespérante.
Alors, comme dans toutes les pathologies chroniques de la peau (eczéma, rosacée…), outre les médicaments prescrits par les dermatologues, les efforts faits au quotidien par le patient sont déterminants pour contrôler la maladie. D’où l’importance de l’éducation du patient, mais la consultation surchargée de dermato ne laisse malheureusement pas toujours le temps pour les longs discours. Peut-être devrions nous envisager dans des structures hospitalières des « écoles » de l’acné , comme il existe des « écoles » de l’asthme, de l’eczéma ou du diabète…

En attendant, voici ce que tout acnéique devrait garder en tête pour diminuer l’intensité de son acné.

  • Chez les femmes, le mode de contraception doit tenir compte du terrain acnéique : on évitera donc les stérilets Miréna à la progestérone), et les pilules contenant un progestatif avec la syllabe « nor », qui tous deux peuvent aggraver l’acné. Il faut donc mentionner votre antécédent d’acné à votre gynécologue.
  • Le tabac doit être arrêté ou réduit, ce qui réduira également les lésions rétentionnelles (points noirs, pores dilatés, grains de milium)
  • Il faut résister à la tentation de trop bronzer (ou pire, de faire des UV !): le soleil améliore transitoirement les lésions, mais l’acné rebondira à l’arrêt des expositions, et on ne peut pas conseiller les UV réguliers car cela peut engendrer des cancers de peau.
  • Il faut autant que possible éviter l’alimentation industrielle : emballages plastiques, boites de conserve, conservateurs, graisses saturées, junk-food, chips, sucreries, charcuteries…sont autant d’aliments qui contiennent des substances inductrices d’acné.
  • De même, vous éviterez les laitages industriels (les vaches sont gavées d’hormones, je pense que vous le savez…) ou alors vous les choisirez bio.
  • Par ailleurs, une maladie chronique nécessite un suivi chronique donc régulier. Il arrive que l’on tâtonne au début pour trouver le bon traitement, il arrive que les résultats ne surviennent pas assez rapidement…Mais c’est comme cela dans toutes les pathologies de longue durée. Les diabétiques ne changent pas de diabétologue tous les 3 mois si la glycémie n’est pas parfaite. Alors pourquoi les acnéiques changent-ils aussi souvent de praticien ? Simplement parce que personne ne leur a expliqué la nature de leur pathologie, sa chronicité, son caractère rebelle et désespérant parfois.
  • Il faut également savoir accepter la survenue de poussées sans maudire la Terre entière : vous avez une maladie chronique, dont l’évolution se fera inévitablement avec des rémissions et des poussées. D’où la nécessité de maintenir des traitements de fond, durant plusieurs mois ou années…
  • Enfin, vous devez savoir adapter votre traitement. Hormis les antibiotiques, les autres traitements locaux peuvent nécessiter des applications espacées. Si votre peau est irritée, il faut réduire les quantités et les fréquences d’application, et avoir une bonne crème hydratante (voir en parapharmacie) en compensation. Il faut aussi avoir en tête le nom des traitements que vous n’auriez pas du tout supporté. Dernière chose, il faut savoir anticiper : il existe des poussées d’acné déclenchées par le printemps ou le retour des grandes vacances, ou par le stress professionnel. Il ne faut donc pas attendre pour intensifier les traitements si vous savez que vous arrivez à une période à risque.


Tout ceci se gère évidemment conjointement avec votre dermatologue, votre interlocuteur privilégié, qui adaptera le traitement à l’état de votre peau à chaque consultation (impossible de faire cela par téléphone), après avoir passé un accord tacite avec vous: il ou elle s’engagera à vous soigner de la meilleure façon, en accord avec les données actuelles de la médecine, mais vous devez de votre côté accepter le suivi, et les efforts de régularité dans le traitement.

Tableau : Suzanne Valadon, Autoportrait