Dermatologie et Esthétique

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Mot-clé - toxine botulique

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lundi, 28 avril 2014

COMMENT STOPPER LES PREMIERS SIGNES DU VIEILLISSEMENT DU VISAGE ?

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Selon le type de peau, on peut commencer à noter dès la vingtaine (mais plus généralement la trentaine) les premiers signes du vieillissement du visage. Subtiles et discrets, ils n’en sont pas moins dérangeants : taches brunes, ridules du tour de l’œil, perte d’élasticité de la peau, cernes…Sans devenir obsessionnel, il y a tout de même des gestes intéressants à entreprendre à cet âge, afin de ralentir le processus naturel de vieillissement de le a peau.

Le traitement des pattes d’oie :
Il se fait avec des injections de toxine botulique principalement, dans le but de limiter la contraction des muscles qui vont creuser les rides. Les froissures permanentes peuvent aussi bénéficier d’injection de mésothérapie ou d’acide hyaluronique peu épais.

Les taches brunes :
Il est temps de prendre conscience que le soleil ne vous veut pas que du bien. La lutte contre les taches fera également appel à des crèmes éclaircissantes et des peelings aux acides de fruits afin d’unifier le teint.

Les sillons nasogéniens :
Chez les sujets jeunes qui n’ont pas (encore) besoin de lifting, le traitement des sillons nasogéniens se fait par des injections d’acide hyaluronique, ce qui va les estomper et stimuler localement la fabrication de tissu de soutien.

La perte d’élasticité et de densité :
Il faut envisager des traitements de l’ensemble du visage : cosmétiques adaptés, laser de réjuvénation, peelings…Ces actes visent à stimuler la formation de tissu de soutien (collagène, élastine, acide hyaluronique) et doivent être alternés, par exemple d’une année sur l’autre, afin de réveiller les peaux fatiguées.

La perte de l’éclat du teint :
Les crèmes exfoliantes et peelings chimiques sont les traitements de choix : ils permettent de lisser la surface, d’homogénéiser la couleur, d’affiner le grain de peau, tout en ayant aussi une action anti-ride.

lundi, 14 avril 2014

LES ACTES ESTHETIQUES AUX USA EN 2013

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Chaque année, la Société Américaine de Chirurgie Plastique collecte les données des actes esthétiques, médicaux et chirurgicaux, afin d’en extraire des statistiques. Voici les chiffres concernant les chiffres des actes médicaux esthétiques de l’année dernière aux USA.

Comme les années précédentes, l’acte le plus réalisé reste les injections de toxine botulique, qui ont représenté 6,3 millions d’injections, soit 3% de plus qu’en 2012. Viennent ensuite les injections de produits de comblement, en augmentation de 13% , avec 2,2 millions de procédures réalisées. Puis les peelings chimiques occupent la troisième place, avec 1,2 millions d’actes, soit une augmentation de 3% par rapport à l’année précédente.
En revanche, l’épilation laser a perdu 4%, ce qui fait penser que les priorités ont été de traiter le visage, plutôt que de penser confort au quotidien. Cette stratégie peut s’avérer « plus rentable » en temps de crise dans la mesure où l’apparence est importante lorsqu’on recherche un emploi.
Enfin, la microdermabrasion reste inchangée en cinquième place. Il s’agit donc toujours d’un acte populaire aux USA, et beaucoup moins pratiqué en France.

Concernant les procédures chirurgicales esthétiques, le classement est le suivant : l’acte le plus réalisé est la pose d’implants mammaires (en progression de 1% par rapport à 2012). Vient ensuite la chirurgie du nez (en perte de 9% cependant), puis celle des paupières (+1%), puis la liposuccion (-1%), et enfin les liftings (qui progressent de 6%, totalisant 133 000 procédures en 2013 aux USA).

Si l’on compare tous ces chiffres à ceux des années 2000, on peut constater les différences suivantes :

  • Augmentation des injections de toxine botulique de plus de 700 %.
  • Augmentation des injections de produits de comblement de plus de 240 %.
  • Réduction globale des actes chirurgicaux esthétiques de 12% (exception faite des poses de prothèses mammaires et des liftings des fesses, cuisses ou abdomen, en constante progression).


Pour plus de précisions, cliquer sur le lien suivant : plasticsurgery.org.

vendredi, 14 mars 2014

BOTOX EN CREME : OU EN EST-ON DU REVANCE ?

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Cela fait déjà quelques année que les Américains nous parlent de cette crème censée remplacer (sous contrôle médical) les injections de botox afin de corriger les rides…Mais toujours pas d’agrément FDA concernant le Revance…Alors où en est-on aujourd’hui ?

En 2012, Revance 1000 avait montré des résultats spectaculaires en matière de traitement des rides dynamiques, bien que non équivalents à ce que l’on peut obtenir avec une injection intramusculaire de toxine botulique.
Mais depuis, pas de nouvelles…Aucune trace de publications postérieures à début 2012 dans les bases de données scientifiques, aucune données mentionnées en congrès, pas de trace du fabriquant sur internet…Les hypothèses sont multiples : soit la société a fait faillite (ce ne serait pas la première fois qu’un projet prometteur échoue de cette triste façon), soit, cas le plus probable, les résultats décevants ne permettaient pas d’entrevoir un avenir commercial à ce produit.

Le fait est que, pour celles d’entre vous qui attendaient enfin la crème miracle, il va falloir se résoudre à poursuivre le botox exclusivement en injections.

lundi, 19 novembre 2012

COMMENT MA DERMATO DERTERMINE-T-ELLE LES POINTS D’INJECTION DU BOTOX ?

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Il arrive bien souvent au cours d’une injection de toxine botulique, que le placement des points au crayon sur le front de la patiente donne lieu à quelque étonnement : les dermatos ne piquent pas là où se situent les rides ! Du moins cela est-il vrai concernant la toxine botulique. Pour comprendre cela, il faut comprendre d’une part le mode d’action de ce médicament, d’autre part il faut connaitre (un peu) l’anatomie des muscles de la face.

Pour les courageuses qui souhaitent poursuivre (brièvement) leur lecture, voici les données du problème.
Tout d’abord la toxine botulique : contrairement à l’acide hyaluronique, il ne s’agit pas d’un gel de comblement des rides, mais d’un médicament injectable liquide qui va affaiblir temporairement le muscle dans lequel il est injecté. Or les rides surviennent du fait de l’action du muscle : soit parce que la peau le recouvre et en suit les mouvements (rides horizontales du front par exemple), soit parce que deux muscles entrent en quelque sorte « en conflit » (c’est le cas des rides du lion, qui apparaissent lorsqu’on fronce les deux sourcils).

Par ailleurs, la connaissance de l’anatomie musculaire est nécessaire à une bonne injection et à une injection sur–mesure. En effet, nous ne développons pas toutes la même activité musculaire sur le visage : certaines froncent beaucoup les sourcils, d’autres ont le front en perpétuel mouvement. L’observation du visage avant de placer les points d’injection est donc systématique, et il est souhaitable de contrôler voire de corriger les résultats une quinzaine de jours après l’injection.
L’injection doit donc être faite dans le muscle générant la ride, et non pas dans la ride elle-même, et en différents points de ce muscle, de façon à obtenir une relaxation suffisante, durable et homogène.

Enfin, il convient de respecter des distances de sécurité par rapport aux paupières supérieures, dont on ne souhaite pas affaiblir les muscles releveurs. De même, on ne peut pas réaliser d’injection de toxine botulique afin de traiter les rides du bas du visage car on paralyserait du même coup les muscles du sourire et des mimiques faciales.
Le « botox » s’adresse donc aux rides du tiers supérieur du visage, en présence de muscles actifs, et si possible avant que des sillons trop profonds et permanents ne s’installent.

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lundi, 18 juin 2012

LE TRAVAIL GENERE-T-IL DES RIDES ?

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Il va être difficile d’aborder ce sujet avec votre chef, mais la question mérite d’être posée en dehors du bureau : abime-t-on sa peau au boulot ?
La réponse est oui, mais la solution n’étant pas de changer de poste, il convient plutôt de comprendre ce qui se passe et comment y remédier.

En tête de liste des pourvoyeurs de rides, arrive le travail sur ordinateur. En effet, les efforts d’accommodation qu’il peut susciter creusent les rides du lion (entre les sourcils), et des pattes d’oie. Ceci est majoré si vos lunettes ne sont pas adaptées à votre vision, ou si vous tournez le dos à une fenêtre, et devez lutter contre les reflets sur votre écran. Je vous conseille donc d’améliorer l’éclairage et de faire le point une fois par an avec votre ophtalmologue.
De même si vous travaillez en extérieur ou passez du temps au volant, vous plisserez bien souvent les yeux et les sourcils sans vous en rendre compte. Il faut également revoir régulièrement votre correction oculaire et vous munir de lunettes de soleil couvrantes car les UV abiment également le cristallin et sont source de cataractes.

Lorsque les rides sont installées, on peut proposer des injections de toxine botulique voire d’acide hyaluronique afin d’immobiliser les muscles et/ou de combler les sillons existants.

L’autre pourvoyeur de ridules est l’air conditionné, asséchant particulièrement les peaux claires ou réactives. Il faut alors éviter de travailler juste sous l’aération, penser à boire régulièrement (1,5 litre d’eau par jour) afin d’hydrater votre peau de l’intérieur, et choisir une crème riche qui soit nourrissante sans être occlusive.

Enfin, on ne le répètera jamais assez, le stress lié à l’ambiance de travail, aux transports ou aux mauvaises habitudes alimentaires , retentit sur tous les organes et est particulièrement visible au niveau de la peau : teint terne, pores dilatés (voire acné), traits tirés, peau qui s’affine…Tout ceci constitue un signal d’alerte qui doit vous faire – si possible- repenser vos conditions de travail. Prévoir une pause zen au thé vert dans l’après-midi, apporter son repas préparé à la maison, décaler ses horaires de travail pour éviter les bouchons, sont autant de petites mesures choisies par certains pour limiter les stress du travail. Quand les dégâts commencent à se voir toutefois, votre dermatologue peut vous aider à trouver les soins qui permettront d’entretenir la vitalité et l’éclat de votre peau.

Enfin, il ne faut pas oublier que l’amélioration des conditions de travail bénéficie à tout l’organisme, la peau ne reflétant que ce qui se passe à l’intérieur…vous serez donc gagnante sur tous les plans !


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lundi, 30 avril 2012

INJECTIONS : LE MIEUX EST-IL L’ENNEMI DU BIEN ?

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Les injections, qu’elles soient d’acide hyaluronique ou de toxine botulique, sont destinées à atténuer les rides du visage, à détendre les traits et à ralentir le cours du temps. Spécificité française ou exception culturelle, nous avons dans notre pays des patientes qui souhaitent des résultats naturels, le comble de la vulgarité étant pour certaines que l’acte puisse être identifié.

Au contraire, dans la plupart des autres pays, l’injection est un signe extérieur de richesse et l’on considère que « si l’on paye, il faut que ça se voit ».
Dans certains autres cas, la pression est telle sur les épaules des femmes, que la quête de la perfection se poursuit inexorablement, par exemple chez certaines américaines qui s’imposent d’être performantes et « successfull » sur tous les plans.

Pourtant, s’il y a bien un domaine où il faut savoir s’arrêter, c’est en matière d’injections. Le mieux est en effet l’ennemi du bien sur un visage, et de même que le sel, il est facile de rajouter de l’acide hyaluronique ou de la toxine botulique, mais il est difficile d’en enlever lorsqu’on a eu la main trop lourde !

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Parmi les erreurs classiques avec la toxine botulique, on peut citer :

  • La tentation du vouloir totalement lisser le front, ce qui peut entrainer un abaissement trop marqué des sourcils (et oui, le muscle frontal sert à élever les sourcils) d’où un air endormi ou morne.
  • L’injection d’une dose élevée de toxine sur les pattes d’oie afin de les lisser, mais cela perturbe aussi la pompe de drainage lymphatique de la paupière inférieure, qui devient donc lourde et pochée.
  • Les injections trop basses au niveau de la patte d’oie, entrainant une atteinte du muscle petit zygomatique (essayez donc de sourire après ça…de toute façon vous n’en aurez plus envie).
  • Le rajout de toxine au niveau des rides du lion (qui sont il est vrai parfois coriaces), entrainant une petite diffusion de produit au niveau du releveur de la paupière supérieure. La paupière devient alors lourde est difficile à maquiller pendant quelques semaines.


Concernant l’acide hyaluronique, on peut également citer classiquement:

  • L’injection de produits trop épais ou en trop grande quantité au niveau des cernes ou des rides de la lèvre supérieure : l’appel d’eau associée à la mise en place du filler peut entrainer une surcorrection avec des poches sous les yeux ou une projection de la lèvre supérieure en avant. Dans le pire des cas, un « boudin » de produit est visible.
  • Les injections trop généreuses au niveau des lèvres ( la hantise des Françaises qui ont toujours quelques contre-exemple à citer avant l’injection : « Docteur, je ne veux surtout pas ressemble à… »). Sur cette zone particulièrement délicate, il convient de respecter les proportions de la bouche (longueur/largeur), et l’anatomie initiale (on ne peut pas recréer le dessin des lèvres, seulement les remplir plus ou moins).
  • Les injections du bas du visage afin de redessiner l’ovale et éviter un lifting : croyez-vous sincèrement que le fait de charger les volumes du menton et du bas des joues va améliorer l’apparence lorsqu’on a un problème d’affaissement des tissus ??


Dans tous les cas, donc, il vaut mieux être un peu sous-corrigé que sur-corrigé. Et ce d’autant plus que la régularité des injections (sans excès tout de même) est récompensée par une meilleure durabilité du produit, y compris avec la toxine botulique.

Le travail de correction se fait donc au fil des années, en douceur, et dans la discrétion pour celles et ceux qui ne veulent pas raconter leur vie.

Photos: Jocelyn Wildenstein, la femme panthère, puis les frères Bogdanov

lundi, 19 décembre 2011

LES STATISTIQUES AMERICAINES DES PROCEDURES ESTHETIQUES DE FIN D’ANNEE

stat usa 2011
Comme chaque fin d’année, nous attendions tous les chiffres publiés par l’American Society of Plastic Surgeons sur les procédures esthétiques de l’année précédente. Voici donc le cru 2011, se rapportant aux actes médicaux et chirurgicaux réalisés aux Etats-Unis en 2010.

Les faits marquants ont été les suivants :

  • Par rapport à 2009, année de crise, les procédures médicales et chirurgicales sont en augmentation de 6 et 2% respectivement. Le total des procédures s’élève à 13,1 millions.
  • Les patients sont encore majoritairement des patientes (91%).
  • La région la plus concernée par les actes esthétiques est la côte ouest (ce qui va encore alimenter la phobie du « look californien » chez les Françaises… ).
  • Près de la moitié des actes sont réalisés chez les 40-54 ans.
  • Le top 5 des actes dermatologiques regroupe toujours les actes suivants : injection de toxine botulique acide hyaluronique…, peelings chimiques, épilation laser, puis microdermabrasion (en chute de 9%).
  • Le top 5 des actes chirurgicaux à visée esthétique regroupe : l’augmentation mammaire, la chirurgie du nez ou des paupières, la liposuccion, et l’abdominoplastie (« tummy tuck »), pourtant connue pour la taille de ses cicatrices.


Par ailleurs, parmi les procédures qui sont en recul et qui pourraient faire pressentir les tendances des années à venir (que ce soit en Europe ou aux USA), on notera : le traitement médical de la cellulite (pas de miracle, on le sait), l’utilisation des lasers fractionnés non ablatif (type Fraxel®), la microdermabrasion (certainement délaissée au profit des dermabrasions lasers ), et bien sûr les injections de collagène dont l’origine animale ou bovine pose le problème de la sécurité sanitaire.

Enfin, pour celles ou ceux qui aiment les chiffres, voici le lien vers le rapport complet, intégralement et gratuitement téléchargeable.

lundi, 23 mai 2011

BOTOX : DU MEDICAMENT AU FAIT DIVERS

fait divers

Bon d’accord, on ne voit pas ça tous les jours, mais je ne pouvais pas ne pas relater ce récent fait divers californien (oui, c’est encore chez nos amis américains que ça se passe !).

Vous connaissez tous maintenant la toxine botulique, médicament utilisé en médecine pour traiter les muscles hypercontractiles (« spastiques ») , ou en esthétique pour les rides du front et du lion principalement. Le nom commercial Botox® est même passé dans le langage courant pour désigner la molécule.

Ce que vous soupçonniez peut-être, c’est qu’on pouvait s’en procurer de façon illégale, notamment via internet ou chez des médecins peu scrupuleux, pour se l’auto-injecter (attention aux résultats, même les dermatos ne se le font pas eux-mêmes en général). Mais ce que vous ne saviez certainement pas, c’est que certains parents le font à leur enfants !

Voici comment une jeune mère californienne s’est récemment trouvée à la une d’un fait divers sordide : voulant faire de sa fille de 8 ans une bête de concours de beauté, elle lui injectait de la toxine botulique pour faire disparaitre les rides et grimaces. Les expertes ont déjà noté l’aberration du placement des points d’injection sur les joues, les autres seront « simplement » choquées par la maltraitance dont est victime la fillettes.
La ligne de défense de la mère est simple : elle s’en injectait elle –même déjà et n’a fait que reproduire ce geste sur sa file, d’autant plus que les mini-miss de son entourage subissaient déjà cela de la part de leur mère. Le reste de l’argumentation ne vaut pas la traduction. S’il s’git en effet de maltraitance collective et d’actes répétés, nous en entendrons peut-être parler dans les mois qui viennent. Sinon, rendez-vous dans quelques années pour évaluer les dégâts psychologiques sur la fillette.

Enfin, si sur le plan médico-légal, le botox à usage esthétique n’est pas autorisé avant l’âge de 18 ans, on sent quand même apparaitre une sorte de psychose collective de la ride et du vieillissement à un âge de plus en plus précoce chez les Américaines. Est-ce qu’on ne vous parlait pas, il y a quelques mois, de cette ligne de cosmétiques antiride pour enfant ? Il est certain que notre marâtre californienne est en partie le fruit des influences qui s’exercent sur elle, culturelles, médiatiques et sociales…

Lien : photo

lundi, 11 avril 2011

LE BOTOX REND-IL HEUREUX ?

le botox rend-il heureux

C’est la très sérieuse question que se posent diverses équipes universitaires de psychologie. Au-delà de l’aspect superficiel de la satisfaction de s’offrir un acte esthétique et d’améliorer un peu son apparence, l’influence des effets de la toxine botulique sur l’humeur fait l’objet depuis plusieurs années d’études sérieuses.

En effet, il a été démontré que les expressions faciales involontaires jouent un rôle causal dans l’élaboration du langage émotionnel. Des injections intra-musculaires de botox, telles qu’on les pratique sur le tiers supérieur du visage en esthétique, peuvent influencer et ralentir la lecture de phrases décrivant des situations qui normalement requièrent les muscles paralysés pour exprimer les émotions provoquées par ces phrases. Il a donc été démontré que ce rétro-contrôle (ou feedback) périphérique joue un rôle dans l’élaboration du langage, renforce les théories du « rétro-contrôle facial » de la cognition émotionnelle, et soulève des questions sur les effets de la toxine botulique sur la cognition et la réactivité émotionnelle.

Dans cette lignée, il a été suggéré que le traitement des rides du lion à la toxine botulique pouvait aussi améliorer certaines dépressions (attention, je n’ai pas dit que le botox soignait les dépressions, loin de là). En effet, la paralysie des muscles entrainant le froncement des sourcils (les corrugators), conduit à un moindre feedback facial pour les émotions négatives. Par conséquent, les personnes se perçoivent comme d’humeur moins négative, donc finissent pas se sentir de meilleure humeur. En résumé, on perçoit moins la marque de certaines émotions sur le visage, donc on ressent moins ces émotions lorsqu’on s’observe dans une glace.

De quoi passionner encore longtemps nos chercheurs en psychologie, et de quoi indigner les réalisateurs et metteurs en scène, désespérément en quête de visage expressifs…

Sources :

  • Havas DA. Cosmetic use of botulinum toxin-a affects processing of emotional language. Psychol Sci.2010 Jul;21(7):895-900.
  • Lewis MB. Botulinum toxin cosmetic therapy correlates with a more positive mood. J Cosmet Dermatol. 2009;8(1): 24-6.

lundi, 24 janvier 2011

REVANCE: LA TOXINE BOTULIQUE …EN CREME

Toxine Botulique en creme

C’est LA dernière grande nouveauté concernant la recherche sur la toxine botulique : l’année dernière, la société américaine Revance Therapeutics annonçait que leur toxine botulique de type A topique (c'est-à-dire à usage local, en gel ou crème), en cours d’étude pour le traitement des rides de la patte d’oie contre placébo, s’était déclarée efficace et sure lors d’une étude clinique. Plus de 200 patients avaient alors été traités.

Ce gel a été développé pour réduire les rides de la patte d’oie. Il est également à l’étude pour le traitement de l’hypersudation. Tout comme la toxine injectable (communément appelée « botox », même si ce terme fait en fait référence à une marque), il agit au niveau musculaire en relaxant le muscle ciblé temporairement. Il n’est donc pas question de l’appliquer largement sur l’ensemble du visage, comme une crème. Ce geste demandera de la précision et sera réservé à un usage médical ( a priori). Il ne faut probablement pas s’attendre à des résultats similaires à ceux obtenus avec les injections, mais cela peut représenter une alternative lorsqu’il y a une contre-indication à réaliser une injection…ou chez les phobiques de l’aiguille.

La société Revance a également annoncé le démarrage d’ études pré-cliniques concernant une nouvelle toxine botulique de type A destinée aux injections. De quoi venir concurrencer les quelques géants qui se partagent le marché.

A suivre avec beaucoup d’intérêt sur le site de Revance.

Lien et source photo: Revance

lundi, 16 août 2010

LES CERNES : QU’EST-CE QUI MARCHE VRAIMENT ?

cernes

Zone de toutes les demandes, le pourtour orbitaire au sens large est aussi la zone de toutes les déceptions, voire de bien des incidents. Quand une patiente arrive en me demandant ce qu’on peut faire pour ses cernes, la première des questions que je lui pose est si nous parlons bien de la même chose. En effet, les « cernes » font références aussi bien à la notion de volume (poches, ou au contraire creux), que de couleur.

On distingue donc les problèmes liés à la coloration (cernes violacés, cernes pigmentés), les problèmes de ridules ( généralement dus à une finesse de la peau et à l’action du muscle orbiculaire qui froisse la patte d’oie), les problèmes de poches ou de creux. L’insatisfaction de bon nombre de patient(e)s après un traitement des « cernes » tient au fait que parfois médecin et patient ne se sont pas compris sur la nature du problème à traiter, et par ailleurs, que la zone est délicate.

Si l’on veut schématiser, il est plus facile de traitre les problèmes de volumes que ceux de couleurs. Des poches sous les yeux requièrent un traitement chirurgical (blépharoplastie inférieure), des cernes creux peuvent être remplis par des injections d’acide hyaluronique ou de graisse.

Les ridules peuvent répondre à la toxine botulique au niveau des pattes d’oie, et à la mésothérapie qui hydrate et stimule la peau, ou aux lasers de resurfacing.

Les cernes colorés enfin, posent le plus de problèmes. Si certains patients ont de très bon résultats, ils ne sont pas forcément reproductibles. Les cernes violacés, d’origine vasculaire, peuvent être estompés par les injections de comblement , à condition de ne pas avoir de poches. Certaines crèmes méritent aussi d ‘être essayées : Cernor XO (Auriga), Diopti Cernes (Liérac), Aqualia Thermal Roll On Yeux (Vichy), Gel et Masques antipoches E.Y.E.S.(Bausch&Lomb). Quant aux cernes sombres, certains essayent les dépigmentants, d’autres les lasers fractionnés, d’autres le relissage laser. Le résultat n’est pas toujours probant, et il convient d’en avoir informé le patient au préalable.

Le maquillage enfin, peut apporter des solutions : on retiendra qu’il faut estomper les poches avec des teintes foncées (pour « enfoncer le volume » disent les maquilleurs), et donner du volume avec les teintes claires. Vous avez donc compris que la zone est difficile, fragile, qu’elle demande souvent l’association de compétences médicales et chirurgicales, et qu’il faut savoir renoncer quand les résultats n’arrivent pas ou que la demande est irréalisable.

Source photo : http://petitefleurfragile.skynetblogs.be/archive-week/2009-09

lundi, 19 juillet 2010

LE BOTOX SANS AIGUILLE ?

injection sans aiguilles

Le laboratoire Revance ouvre une piste de traitement pour les problèmes d’hypersudation des aisselles avec une publication concernant une crème à la toxine botulique. Dans cette étude, 12 patients ont reçu sur une aisselle une crème contenant de la toxine botulique de type A et une protéine-véhicule assurant son transport au sein de la peau, sur l’autre aisselles, une crème contenant le seul véhicule. Quatre semaines, après, le côté traité par toxine affichait une réduction de la transpiration de 40%.

Quant au traitement des rides, les études sont en cours concernant la zone de la patte d’oie. Pour l’instant, ce médicament n’a pas (encore) d’approbation FDA, et n’est donc pas commercialisé. Son utilisation sera vraisemblablement restreinte aux médecins pour ce qui est du visage.

Lien : http://www.revance.com/411-revance-announces-efficacy-of-topical-botulinum-toxin-type-a-for-the-treatment-of-facial-wrinkles

Source photo : http://botox.over-blog.fr/

lundi, 26 octobre 2009

LA TOXINE BOTULIQUE POUR PREPARER DE BELLES CICATRICES ?

C'est en effet la question que se posent certains chirurgiens amenés à opérer des tumeurs du visage.

La toxine botulique agit en bloquant la transmission de l'information au niveau de la jonction neuromusculaire. Ses effets sont transitoires, de l'ordre de quelques mois, et permettent donc d'atténuer les contractions du muscle injecté. Or le visage est un zone très mobile, où il est difficile de contrôler volontairement ses muscles. Ces mouvements provoquent des tiraillements et tensions qui gênent la cicatrisation, élargissent la zone suturée etc… Celles et ceux à qui l'on a retiré des grains de beauté dans le dos ou sur le genou le savent bien: la cicatrice est souvent large et disgracieuse. Sur le visage, la plupart du temps, la peau est assez laxe pour permettre une suture de qualité. Cependant, en chirurgie reconstructrice sur le visage, il n'y a pas toujours assez de laxité.
D'où l'idée de certains auteurs (Flynn. Dermatol Surg,2009) de mettre au repos certains muscles pendant la phase de cicatrisation après un geste délabrant. Les bénéfices sont bien sûr à mettre en balance avec les effets secondaires, et le geste est discuté au cas par cas, mais il peut s'agir d'une chance supplémentaire d'atténuer les cicatrices du visage.

lundi, 7 septembre 2009

AZZALURE®, LA NOUVELLE TOXINE BOTULIQUE

Le premier semestre 2009 a été marqué par l'arrivée sur le marché esthétique français de l'Azzalure®, la toxine botulique des laboratoires IPSEN commercialisée en France par GALDERMA, qui vient directement concurrencer Vistabel chez Allergan.

Tout comme son concurrent, Azzalure® est indiqué dans la correction temporaire des rides glabellaires modérées à sévères (rides verticales intersourcillières) observées lors du froncement des sourcils, chez l’adulte de moins de 65 ans, lorsque la sévérité de ces rides entraîne un retentissement psychologique important chez le patient.

La toxine botulique d’Ipsen, qui agit comme toutes les toxines botuliques par inhibition de la contraction musculaire, a été initialement développée pour le traitement de troubles moteurs et de diverses formes de spasticité musculaire, parmi lesquelles le torticolis spasmodique (affection chronique dans laquelle le cou est tordu ou dévié), la spasticité de la partie basse des membres inférieurs (talon) chez les enfants atteints d’une infirmité motrice cérébrale, le blépharospasme (spasme de la paupière) ainsi que le spasme hémifacial.
Elle a fait l’objet, par la suite, d’un développement pour le traitement d’affections neuromusculaires très diverses ainsi que dans le domaine de la médecine esthétique. Lancée en 1991 au Royaume-Uni, la toxine botulique d’Ipsen est enregistrée dans 73 pays et commercialisée sous la marque Dysport®. Elle est donc disponible depuis février 2009 en France sous le nom d'Azzalure®, dans les indications esthétiques.

lundi, 3 août 2009

LA TOXINE BOTULIQUE PREVIENT-ELLE L'APPARITION DE RIDES ?

Il existe différents types de rides : rides d'expression (dues à la contraction des muscles: rides du lion et des pattes d'oie surtout), ridules de surface en rapport avec le vieillissement de la peau, plis d'affaissement (ex: sillons naso-géniens).

La toxine botulique est un médicament qui, injecté directement dans le muscle, le relaxe de façon réversible. On l'utilise en esthétique pour traiter les rides d'expression, dues aux contractions musculaires répétées ou excessives. La tentation peut être grande de se faire injecter pour limiter l'apparition de ces rides. Seulement, différents arguments amènent les dermatologues à penser qu'il ne faut pas forcément anticiper l'apparition des rides:

  • Tout d'abord, il n'est pas souhaitable de stéréotyper les visages, de gommer les expressions, la mobilité et la spontanéité caractérisant ces visages jeunes.
  • Ensuite, les injections trop rapprochées peuvent induire le développement d'anticorps contre la toxine botulique, compliquant la prise en charge lorsque les rides seront bel et bien là.
  • De plus, de nombreux arguments scientifiques concordent aujourd'hui pour dire qu'un muscle qui travaille stimule aussi la peau sus-jacente. A l'inverse, un muscle qui ne travaille pas peut s'accompagner d'atrophie de la peau en regard, d'irrégularités de surface.
  • Enfin, le vieillissement de la peau, ce n'est pas des rides d'expression. C'est aussi les tâches, la couperose, l'affaissement des tissus…Et là-dessus, la toxine ne peut rien.

En conclusion, il est conseillé d'user de bon sens et de discuter au cas par cas, plutôt que de proposer à titre systématique des traitements couteux, potentiellement accompagnés d'effets secondaires, à des jeunes gens qui n'en ont pas besoin.