Dermatologie et Esthétique

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Mot-clé - rosacée

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lundi, 25 novembre 2013

LA ROSACEE LIEE AU RISQUE CARDIOVASCULAIRE ?

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Jusqu’alors, la rosacée n’avait jamais été statistiquement corrélée au risque cardiovasculaire, ni aux maladies vasculaires au sens large. Il est vrai que certaines patientes font un lien que nous sommes forcés de constater avec leur « mauvaise » circulation veineuse, sans que des données solides viennent confirmer cela. Mais concernant le risque cardiovasculaire, artériel, donc, il n’y avait jusqu’alors pas de données dont on puisse tirer des conclusions, ni de raison de penser que la rosacée et les problèmes cardiovasculaires pouvaient être liés.

Or une étude publiée cet été montre qu’il existe peut-être un lien entre rosacée et probabilité d’avoir des pathologies cardiovasculaires. Cette étude a été réalisée sur un panel de 60 patients turcs souffrant de rosacée, que l’on a comparé à 50 témoins sans rosacée (comment diable vous organisez-vous, chers confrères, pour perdre 10 patients en route ??). Les lecteurs de ce blog seront également surpris que cette étude ait été faite en Turquie, où ils savent que la rosacée est faiblement répandue, comparativement aux pays plus au nord. L’étude a consisté à doser la cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) et à interroger les patients sur leurs antécédents familiaux.
Les résultats montrent que les porteurs de rosacée sont dans 2/3 des cas des femmes, qui ont un mauvais cholestérol significativement plus élevé que les autres, plus souvent d’antécédent familiaux de maladie cardiovasculaire, et consomment plus volontiers tabac et alcool. Sur ce dernier point, les données peuvent être interprétées autrement car il est indéniable que la consommation régulière d’alcool aggrave la rosacée.

Il faut donc comme d’habitude considérer tous ces résultats avec recul, et réaliser d’autres investigations avant de tirer des conclusions solides. Mais on peut en attendant user de prudence si l’on souffre de rosacée et adopter une meilleure hygiène de vie, de même qu’il est souhaitable de faire le point avec son médecin traitant une fois par an.

Référence : Duman N. Rosacea and cardiovascular risk factors: a case control study. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2013 Aug 2.Epub ahead of print.

lundi, 30 septembre 2013

LA ROSACEE SUR LES PEAUX SOMBRES: MOINS FREQUENT MAIS PAS RARE

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On répète régulièrement que la rosacée, surnommée malédiction des Celtes, est une pathologie des peaux claires, et que sa fréquence est plus élevée dans les pays nordiques que dans le bassin méditerranéen. La rosacée des peaux sombres n’est pourtant pas une situation exceptionnelle. Ce sujet était au programme du 71ème congrès de l’Académie Américaine de Dermatologie (AAD), en mars 2013.

Le Dr Valerie Callender est professeur de dermatologie à Howard University, Washington ( université parfois surnommée la Black Harvard,) ce qui lui fait rencontrer une proportion importante de peaux sombres dans ses consultations. Le Dr Callender dit que , bien que peu répandue, la rosacée survient aussi sur les peaux sombres, qui représentent une part croissante de la population américaine, du fait notamment de l’augmentation des Hispano-Américains.

Du fait de l’association connue entre rosacée et peau claire, les patients à peaux sombres souffrant de rosacée sont souvent mal pris en charge. Les diagnostics sont souvent erronés, et la rosacée confondue avec de l’acné ou de la dermite séborrhéique. La fréquence de la rosacée semble donc sous-estimée dans les populations colorées.

Une étude présentée au cours de ce congrès annuel de l’AAD a montré que parmi tous les patients Américains soufrant de rosacée, 4% étaient des Hispaniques, 2% des Afro-Américains, et 2,3 % étaient d’origine asiatique ou du Pacifique.

Le diagnostic de rosacée sur peau sombre est moins facile car si l’on distingue les boutons, la couperose, elle, est masquée par le pigment de la peau. Parmi les éléments d’orientation qui peuvent aider à faire le diagnostic, la présence de flush (coup de chaleur au visage) et d’hypersensibilité de la peau sont à rechercher, la présence de rosacée oculaire également. De même, on ne cherchera pas à trouver des rougeurs sur le visage, mais plutôt des différences de coloration, hypo ou hyperpigmentation, par rapport à la peau adjacente.

Enfin, le traitement est plus difficile que sur les peaux claires, du fait de l’impossibilité d’utiliser les lasers vasculaires habituels, qui risqueraient d’attaquer le pigment brun de la peau.

lundi, 27 mai 2013

UNE NOUVELLE APPROCHE THERAPEUTIQUE DANS LA ROSACEE

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En dehors des lasers, aucun traitement actuel ne s’attaque à la composante vasculaire de la rosacée. Mais le laser vasculaire n’est pas remboursé. Or l’érythème, ces rougeurs permanentes du visage, sont socialement dérangeantes et font le lit de l’irritabilité future de la peau. Il est donc important de les prendre en charge pour limiter l’évolution de la rosacée. Une étude récente met en évidence l’intérêt d’utiliser un vasoconstricteur local dans la prise en charge de la composante vasculaire de la rosacée.

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lundi, 27 août 2012

ROSACEE : LES DERNIERES DECOUVERTES DE LA SCIENCE

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Même si l’on considère parfois que les rougeurs du visage ne sont « qu’un problème d’ordre esthétique », sachez que différentes équipes de chercheurs dans le monde essaient de comprendre ce qui se passe dans ces peaux instables et réactives.

Des avancées récentes ont été réalisées à l’université de San Francisco (Dr Akihiko Ikoma). Il semble en effet que des dysfonctionnements du système nerveux soient liés aux rougeurs et aux boutons de rosacée.

Ces chercheurs ont mis en évidence sur des biopsies de peau que les patients souffrant de rosacée avaient des canaux ioniques TRP anormaux au niveau cellulaire. Or ces canaux sont primordiaux pour le bon fonctionnement du système nerveux périphérique. Par exemple, il a été démontré que les canaux TRPV1 pouvaient être activés par la capsaïcine ( une substance retrouvée dans la nourriture épicée), la chaleur ou une inflammation locale. Il a été démontré que les canaux TRPV4 pouvaient également être activés par la chaleur, ce qui pourraient entrainer les épisodes de rougissement brutaux (flush) et sensations de brulures .

Les chercheurs ont également trouvé que les patients présentant une rosacée érythémato-télangiectasique (couperose sans bouton donc où prédominent les rougissement brutaux) avaient au niveau du système immunitaire une réactivité exagérée des canaux TRPV2 et 3, de même qu’une surexpression des gènes des canaux TRPV1.

Les patients présentant une rosacée papulopustuleuse présentaient une hyperréactivité du système immunitaire pour les canaux TRPV2 et 4, et une surexpression des TRPV2.

Les canaux nerveux TRP pourraient donc être une cible future pour les recherches à visée thérapeutique.

Par ailleurs une étude séparée réalisée à l’université du Michigan (Dr Yolanda Helfrich) a montré que les patients avec une rosacée érythemato-télangiectasique avaient un plus grand nombre de mastocytes (cellules immunitaires de l’inflammation), déchargeant leur contenu dans la peau, autour des vaisseaux et petits nerfs. Ils pourraient donc être impliqués dans les flushes. Ces anomalies n’ont pas été retrouvés dans les peau où la couperose résultait du simple vieillissement induit par le soleil, suggérant que la présence des vaisseaux sanguins seuls ne suffisait pas pour conduire à la rosacée.


Lien: www.rosacea.org


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lundi, 26 mars 2012

COUPEROSE : QUE SAIT-ON DE PLUS AUJOURD’HUI ?

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Maladie de la femme à la peau claire, rougissements dus aux émotions chez ces dames … ? Pas vraiment ! Les études épidémiologiques et physiopathologiques menées ces dernières années sur la couperose (rosacée de son nom médical) dressent un autre portrait de cette maladie vasculaire.

Si tous les auteurs s’accordent pour dire que la rosacée débute souvent après 30 ans (avec un pic de prévalence vers 50 ans), la réalité de la consultation de dermatologie nous montre une part non négligeable de jeunes patientes dont les bouffées vasomotrices du visage peuvent commencer à la vingtaine.

Concernant la classique prédominance féminine, cela ne pourrait être qu’un biais de recrutement dans les études, les femmes consultant plus volontiers pour leur peau que les hommes. Une étude irlandaise notamment, réalisée sur une population d’employés tout-venants, a montré en 2010 une majorité d’hommes pour les cas de rosacée avec boutons rouges (forme papulopustuleuse).

Quant aux chiffres, ils est difficile d’évaluer la prévalence de la rosacée - couperose, bon nombre de patients ne consultant jamais, mais il est probable que nos données sous-estiment la réalité. Il est en revanche certain que la prévalence augmente lorsqu’on monte vers le nord.
Des études retrouvent par exemple les chiffres de 1% de la population en Grèce, 2% aux USA, et 10% en Suède.
En France ce serait 2 à 3 % de la population adulte qui serait touchée. Il suffit de regarder vos congénères dans un avion ou au cinéma pour vous en convaincre.

Parmi les facteurs de risque de rosacée, le principal est le phototype clair (peau claire et/ou yeux clairs), mais il existe des sujets très bruns à peau mate qui présentent également cette pathologie.

Enfin, concernant les causes de cette mystérieuse affections, il demeure de nombreux points non éclaircis. Ce que l’on sait aujourd’hui est qu’il existe des anomalies du derme – le tissu de soutien de la peau – avec de nombreux microvaisseaux et de l’œdème. La peau apparait donc très vascularisée et « engorgée ».
Il existe également une anomalie dans le système veineux du visage. En effet, normalement, lorsque la température du corps s’élève (effort sportif par exemple), il existe un mécanisme permettant de refroidir le sang artériel arrivant au cerveau pour éviter la surchauffe : le sang de la veine faciale, plutôt que de s’écouler normalement vers le bas, repart vers le haut par la veine angulaire de l’œil et se refroidit alors. Puis ce sang veineux plus frais redescend en passant autour du siphon artériel carotidien et rafraichit donc un peu le sang artériel qui monte par là au cerveau.
Mais dans la rosacée, il a été démontré que ce système de refroidissement est déficient, ce qui fait penser qu’il existe peut-être un défaut primitif de la vascularisation faciale qui, sous l’influence de divers facteurs, finit par créer des conditions favorables au développement de la rosacée, avec œdème facial et varices du visage.

On comprend ainsi mieux l’intérêt de certains traitements comme les antibiotiques anti-inflammatoires pour lutter contre les poussées inflammatoires ou le laser vasculaire pour coaguler les vaisseaux de surface.

Références :

  • Chosidow O. Epidémiologie de la rosacée : données actualisées. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S124
  • Cribier B. Physiopathologie de la rosacée. Rougeurs, couperose et rosacée. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S129



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lundi, 20 juin 2011

UNE AVANCEE DANS LA COMPREHENSION DE LA ROSACEE

UNE AVANCEE DANS LA COMPREHENSION DE LA ROSACEE



Motif fréquent de consultation en dermatologie, la rosacée est une pathologie caractérisée par une inflammation chronique de la peau du visage qui peut beaucoup impacter la qualité de vie. Au programme de ces peaux sensibles: rougeurs plus ou moins permanentes, couperose, épisodes de flushes (rougissement brutaux du visage), petits boutons rouges ressemblent à de l’acné, voire une atteinte oculaire.
Les traitements actuels font globalement appel aux cosmétiques apaisants, aux antibiotiques et aux lasers vasculaires. Parfois de petites doses d’isotrétinoïne, prescrite hors Autorisation de Mise sur le Marché, est l’ultime recours lorsque plus rien n’y fait.

Des publications récentes viennent éclairer un peu la compréhension de cette affection bénigne mais très pénible. Une équipe de l’université de San Diego, Californie, a récemment mis en évidence que des altérations des réponses immunitaires entre en jeu dans la survenue des altérations vasculaires et inflammatoires de la rosacée. D’autre part, cette équipe a mis en évidence que l’excès de certaines enzymes et protéines des couches supérieures de la peau (les Stratum Corneum Tryptic Enzymes et la cathelicidine) participent aux symptômes de la maladie. Enfin, la suractivation des récepteurs de l’immunité TLR2 est également impliquée, comme dans l’eczéma atopique.

Si cela ne veut rien dire de concret pour les patients pour l’instant, il faut entrevoir les débouchés thérapeutiques que cela représente : de nouvelles cibles à viser avec des médicaments et des cosmétiques dans les années qui viennent. Donc d’autres armes pour aider des patients bien souvent résignés.

Sources :

  • Yamasaki K. TLR2 Expression Is Increased in Rosacea and Stimulates Enhanced Serine Protease Production by Keratinocytes. J Invest Dermatol. 2010 Nov 25. Epub ahead of print
  • Yamasaki K. The molecular pathology of rosacea. J Dermatol Sci. 2009;55(2):77-81

lundi, 12 octobre 2009

J'AI LA PEAU DU VISAGE ROUGE ET SENSIBLE: ET SI C'ETAIT DE LA ROSACEE ?

La rosacée est une dermatose faciale fréquente touchant préférentiellement les peaux claires, en particulier les femmes de 30 à 50 ans. Les signes classiques associent à des degrés variables: des bouffées vasomotrices (coups de sang au visage), des dilatations vasculaires du nez et des joues (couperose), des boutons

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