Dermatologie et Esthétique

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lundi, 23 décembre 2013

COMMENT LUTTER CONTRE LES MEFAITS DU FROID SUR LA PEAU ?

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L'hiver, certaines questions reviennent souvent en consultation. Elles visent à comprendre quels sont les bons gestes pour entretenir sa peau malgré le froid. Voici les plus fréquentes:

  • Quels sont les désagréments du froid sur la peau ?

Le vent et le froid agressent la peau en abimant la barrière cutanée: les cellules ont moins de cohésion, elles desquament, et la barrière cutanée devient poreuse, laissant passer allergènes et agents irritants, et laisser s'évaporer l'eau.

  • Le froid accélère t-il le vieillissement de la peau ?

Peu d'études se sont intéressées au sujet, mais il semble que le froid, en accélérant le dessèchement de la peau, majore l'installation et le creusement des rides.

  • Comment éviter les gerçures et les engelures ?

Pour les gerçures des lèvres: utiliser un stick labial plusieurs fois dans la journée, éviter de traiter ses lèvres sèches en les lèchant, cela ne fait qu'aggraver le problème.
Pour les engelures des mains et pieds: la priorité est de lutter contre le froid. Ne pas hésiter à porter des gants et chaussettes de ski, des bottes fourrées etc...L'utilisation de crèmes réparatrices est souhaitable deux fois par jour, et il faut également limiter le lavage des mains, très décapant pour la peau.

  • Comment les soigner ?

Lutter contre le froid, car les vaisseaux des extrémités se contractent en premier pour limiter les pertes de chaleur en hiver, ce qui entraine un défaut de nutrition et de réparation localement: une peau bien vascularisée cicatrise plus vite et mieux. Puis limiter les lavages et les tics de léchage (pour les lèvres). Utiliser plusieurs fois par jour des onguents réparateurs (à base de beurre de karité notamment , comme le Barriéderm Onguent chez Uriage), ou si on n'a rien d'autre: de la vaseline en couche épaisse.

  • La couperose est davantage visible en hiver. Que faire pour la prévenir et la traiter ?

Il faut chouchouter sa peau: éviter le lavage au savon du visage, utiliser plutôt des laits nettoyants ou eaux micellaires, moins agressifs. Eviter le vent (baisser la visière de son casque etc...), ne pas trop monter le chauffage à la maison, ça majore les rougissements. Et surtout, prendre des crèmes plus riches qu'en été, et spécialement formulées pour les peaux sensibles.

  • Faut-il changer de crème hydratante pendant l'hiver ?

Oui: il vaut mieux privilégier des textures plus riches. On peut garder la même crème que l’été en l’achetant en version « riche », ou opter pour des crèmes spécialement formulées pour les peaux sèches ou qui démangent.

  • Pour le corps, que faut-il faire pour en prendre soin ?

Eviter le savon classique, très décapant, surtout dans les régions où l’eau est calcaire. L’hiver, il faut préférer les savons surgras ou les nettoyants sans savon (syndets). Et ne pas oublier de crémer tous les jours.

  • Comment protéger ses mains ?

De la même façon que pour se protéger des engelures: lutter contre le froid avec des protections adaptées, et surtout ne pas laver trop souvent. 3-4 lavages par jour suffisent. Et bien sûr, utiliser des crèmes réparatrices.

lundi, 27 août 2012

ROSACEE : LES DERNIERES DECOUVERTES DE LA SCIENCE

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Même si l’on considère parfois que les rougeurs du visage ne sont « qu’un problème d’ordre esthétique », sachez que différentes équipes de chercheurs dans le monde essaient de comprendre ce qui se passe dans ces peaux instables et réactives.

Des avancées récentes ont été réalisées à l’université de San Francisco (Dr Akihiko Ikoma). Il semble en effet que des dysfonctionnements du système nerveux soient liés aux rougeurs et aux boutons de rosacée.

Ces chercheurs ont mis en évidence sur des biopsies de peau que les patients souffrant de rosacée avaient des canaux ioniques TRP anormaux au niveau cellulaire. Or ces canaux sont primordiaux pour le bon fonctionnement du système nerveux périphérique. Par exemple, il a été démontré que les canaux TRPV1 pouvaient être activés par la capsaïcine ( une substance retrouvée dans la nourriture épicée), la chaleur ou une inflammation locale. Il a été démontré que les canaux TRPV4 pouvaient également être activés par la chaleur, ce qui pourraient entrainer les épisodes de rougissement brutaux (flush) et sensations de brulures .

Les chercheurs ont également trouvé que les patients présentant une rosacée érythémato-télangiectasique (couperose sans bouton donc où prédominent les rougissement brutaux) avaient au niveau du système immunitaire une réactivité exagérée des canaux TRPV2 et 3, de même qu’une surexpression des gènes des canaux TRPV1.

Les patients présentant une rosacée papulopustuleuse présentaient une hyperréactivité du système immunitaire pour les canaux TRPV2 et 4, et une surexpression des TRPV2.

Les canaux nerveux TRP pourraient donc être une cible future pour les recherches à visée thérapeutique.

Par ailleurs une étude séparée réalisée à l’université du Michigan (Dr Yolanda Helfrich) a montré que les patients avec une rosacée érythemato-télangiectasique avaient un plus grand nombre de mastocytes (cellules immunitaires de l’inflammation), déchargeant leur contenu dans la peau, autour des vaisseaux et petits nerfs. Ils pourraient donc être impliqués dans les flushes. Ces anomalies n’ont pas été retrouvés dans les peau où la couperose résultait du simple vieillissement induit par le soleil, suggérant que la présence des vaisseaux sanguins seuls ne suffisait pas pour conduire à la rosacée.


Lien: www.rosacea.org


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lundi, 26 mars 2012

COUPEROSE : QUE SAIT-ON DE PLUS AUJOURD’HUI ?

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Maladie de la femme à la peau claire, rougissements dus aux émotions chez ces dames … ? Pas vraiment ! Les études épidémiologiques et physiopathologiques menées ces dernières années sur la couperose (rosacée de son nom médical) dressent un autre portrait de cette maladie vasculaire.

Si tous les auteurs s’accordent pour dire que la rosacée débute souvent après 30 ans (avec un pic de prévalence vers 50 ans), la réalité de la consultation de dermatologie nous montre une part non négligeable de jeunes patientes dont les bouffées vasomotrices du visage peuvent commencer à la vingtaine.

Concernant la classique prédominance féminine, cela ne pourrait être qu’un biais de recrutement dans les études, les femmes consultant plus volontiers pour leur peau que les hommes. Une étude irlandaise notamment, réalisée sur une population d’employés tout-venants, a montré en 2010 une majorité d’hommes pour les cas de rosacée avec boutons rouges (forme papulopustuleuse).

Quant aux chiffres, ils est difficile d’évaluer la prévalence de la rosacée - couperose, bon nombre de patients ne consultant jamais, mais il est probable que nos données sous-estiment la réalité. Il est en revanche certain que la prévalence augmente lorsqu’on monte vers le nord.
Des études retrouvent par exemple les chiffres de 1% de la population en Grèce, 2% aux USA, et 10% en Suède.
En France ce serait 2 à 3 % de la population adulte qui serait touchée. Il suffit de regarder vos congénères dans un avion ou au cinéma pour vous en convaincre.

Parmi les facteurs de risque de rosacée, le principal est le phototype clair (peau claire et/ou yeux clairs), mais il existe des sujets très bruns à peau mate qui présentent également cette pathologie.

Enfin, concernant les causes de cette mystérieuse affections, il demeure de nombreux points non éclaircis. Ce que l’on sait aujourd’hui est qu’il existe des anomalies du derme – le tissu de soutien de la peau – avec de nombreux microvaisseaux et de l’œdème. La peau apparait donc très vascularisée et « engorgée ».
Il existe également une anomalie dans le système veineux du visage. En effet, normalement, lorsque la température du corps s’élève (effort sportif par exemple), il existe un mécanisme permettant de refroidir le sang artériel arrivant au cerveau pour éviter la surchauffe : le sang de la veine faciale, plutôt que de s’écouler normalement vers le bas, repart vers le haut par la veine angulaire de l’œil et se refroidit alors. Puis ce sang veineux plus frais redescend en passant autour du siphon artériel carotidien et rafraichit donc un peu le sang artériel qui monte par là au cerveau.
Mais dans la rosacée, il a été démontré que ce système de refroidissement est déficient, ce qui fait penser qu’il existe peut-être un défaut primitif de la vascularisation faciale qui, sous l’influence de divers facteurs, finit par créer des conditions favorables au développement de la rosacée, avec œdème facial et varices du visage.

On comprend ainsi mieux l’intérêt de certains traitements comme les antibiotiques anti-inflammatoires pour lutter contre les poussées inflammatoires ou le laser vasculaire pour coaguler les vaisseaux de surface.

Références :

  • Chosidow O. Epidémiologie de la rosacée : données actualisées. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S124
  • Cribier B. Physiopathologie de la rosacée. Rougeurs, couperose et rosacée. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S129



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lundi, 19 mars 2012

COUPEROSE : HISTOIRE D’UNE MALEDICTION

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Surnommée la « malédiction des Celtes » car elle touche principalement les sujets blonds aux yeux clairs et prédomine au nord de l’Europe, la couperose est une maladie « affichante » entrainant une grande souffrance psychologique.

L’élément principal de cette pathologie étant la rougeur faciale, cette maladie a donc toujours été considérée comme une maladie « populaire », au sens péjoratif du terme, car le teint rouge est celui des classes laborieuses, exposées au soleil et au froid, ou à certaines sources de chaleur dans leur profession (cuisinières, machinistes, souffleurs de verre ...).
D’autre part, depuis l’Antiquité, la rougeur du visage est décrite comme liée à la consommation d’alcool; ça ne sera que beaucoup plus tard que la médecine décrira la rosacée, qui ne présente pas de lien avec l’alcoolisme. Il persiste malgré tout chez les patients qui consultent une sorte de honte liée à ces rougeurs, et aux préjugés qui y sont associés.

Historiquement, les premières descriptions de cette pathologie datent du XIVème siècle avec Guy de Chauliac, puis au XVIème siècle avec Ambroise Paré qui surnomma les lésions « gutta rosacea », qui devint « goutte rose », puis couperose. Les « visages sanguins » furent ensuite largement décrits par les écrivains du XIXème siècle, de Balzac à Proust. Parallèlement, c’est aussi au XIXème siècle que les observations médicales commencent à faire le lien entre le climats froids et la fréquence des lésions.

Enfin, sur le plan thérapeutique, le premier à avoir compris le lien entre l’hypervascularisation superficielle de la peau et les lésions et de Chauliac qui, au Moyen-âge, proposait déjà à ses patients « un régime rafraichissant, la saignée de la veine frontale, l’application de sangsues dans les narines (..) ».

700 ans plus tard, nous asséchons une partie des lésions au laser, mais n’avons toujours pas résolu le problème veineux facial sous-jacent, et certaines formes de la maladie peuvent apparaitre aussi désespérantes qu’au XIVème siècle. D’où la notion de transmission de la malédiction à ses descendants…

Référence : Cribier B. Histoires de visages rouges : art, culture et représentations médicales. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S116

Source photo : Le vieil homme et l'enfant, Domenico Ghirlandaio

lundi, 12 octobre 2009

J'AI LA PEAU DU VISAGE ROUGE ET SENSIBLE: ET SI C'ETAIT DE LA ROSACEE ?

La rosacée est une dermatose faciale fréquente touchant préférentiellement les peaux claires, en particulier les femmes de 30 à 50 ans. Les signes classiques associent à des degrés variables: des bouffées vasomotrices (coups de sang au visage), des dilatations vasculaires du nez et des joues (couperose), des boutons

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