Dermatologie et Esthétique

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Mot-clé - bronzage

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lundi, 4 août 2014

COMMENT BIEN SE PROTEGER DU SOLEIL CET ETE ? (2)

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Voici la suite des questions qui me sont régulièrement posées avant les vacances.


Peut-on préparer sa peau en faisant des UV en cabine ?

  • Non, non et non, ces pratiques sont d’une autre époque, elles reposent sur des croyances erronées, et font le lit des cancers de la peau chez les jeunes te les sujets à peau claire.
  • La coloration obtenue par bronzage en cabine est liée à l’oxydation de la mélanine. Elle ne protège pas des UV. Cela étant, les UVA dont on vous a bombardée sur le banc solaire ont fait des dégâts à l’ADN des cellules de la peau, ce qui consomme votre capital solaire.



Quelle est la différence entre UVA et UVB ?

  • Les UVB sont responsables des coups de soleil et des altérations de l’ADN les plus importantes (risque de cancers). On les reçoit surtout en été et lorsque le soleil est au zénith, mais il faut s’en protéger de 11h à 16h. Ces UVB sont minimes en hiver en ville.
  • Les UVA font brunir et altèrent moins l’ADN cellulaire mais sont plus responsables du photovieillissement (les cancers sont possibles également). On en reçoit plus régulièrement sur la journée.



Bref, voilà de quoi comprendre, et vous équiper, afin de profiter en toute sécurité et en famille des joies de l’été, sans impacter votre capital soleil.

lundi, 23 janvier 2012

L’ADDICTION AU BRONZAGE EN CABINE : UNE PATHOLOGIE PSYCHIATRIQUE ?

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On en connait tous des accros au soleil, qui s’éteignent l’hiver et ne sont bien que l’été, ou des gens à la peau brunie d’un bout à l’autre de l’année, mais saviez-vous que l’addiction au bronzage était une pathologie reconnue ?

En effet, au même titre que l’addiction au tabac ou à d’autres drogues, l’addiction au bronzage en cabine (indoor tanning) existe. Identifiée par différentes équipes psychiatriques depuis 2005, cette pathologie regroupe bien les critères qui définissent l’addiction selon le manuel de diagnostic des désordres mentaux, le DSM-IV-TR (notamment syndrome de manque, angoisse et malaise en cas d’arrêt des séances, poursuite du comportement malgré la connaissance des risques encourus…).
De plus, des études ont mis en évidence la corrélation existant entre l’usage régulier des cabines de bronzage et d’autres comportement addictifs, comme la consommation de tabac, d’alcool ou de substances illégales. Certains experts pensent donc même que le bronzage régulier en cabine pourrait être un facteur prédictif d’autres comportements addictifs.

Les cliniciens ont donc aujourd’hui un regard nouveau sur ces amateurs de bronzage (sous les UV naturels ou non) qui peuvent donc potentiellement entrer dans l’addiction, avec les conséquences destructrices que l’on connait.

Références :

  • Warthan MM, Uchida T, Wagner RF Jr. UV tanning as a type of substance-related disorder. Arch Dermatol. 2005;141:963-966
  • Heckman CJ, Egleston BL, Wilson DB, Ingersoll SK. A preliminary investigation of the predictors of tanning dependence. Am J Health Behav. 2008;32:451-464.


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lundi, 13 décembre 2010

BRONZAGE EN CABINE : POURQUOI LES DERMATOLOGUES Y SONT FAROUCHEMENT OPPOSES

bronzage cabine

Fini le temps où l’on pensait que l’on prépare sa peau au soleil par de séances d’UV en cabine, ringarde la mode du bronzage per-annuel, terminé le règne des UVA que l’on sait aujourd’hui cancérigènes.

2010 est une année charnière dans le combat contre les bancs solaires . Pour ceux qui sont passés à côté, je rappelle quelques termes du rapport publié par la Commission Européenne le 12 février 2010 :

  • 1 banc solaire sur 7 n’est pas aux normes
  • et dépasse les limites de sécurités en matière de rayonnement UV,
  • les informations figurant sur les bancs solaires sont souvent insuffisantes,
  • et les consommateurs ne reçoivent pas assez d’informations sur les risques liés aux UV en cabine et l’interdiction faite aux mineurs.

A ceux qui en doutent encore, voici un bref rappel des « bienfaits » des UV :

  • Induction de cancers de la peau.
  • Vieillissement cutané (héliodermie) accéléré : rides, taches brunes, couperose, peau jaunie.
  • Risque oculaire : kératite par brulure de la cornée, cataracte par expositions répétées.
  • Induction d’une dépendance (tanorexie) : cette pathologie psychiatrique est de découverte récente (2008 ) et concernerait un tiers des utilisateurs de bancs solaires.
  • Risque de brulures induites par la prise de certains médicaments ou l’application de certains cosmétiques.

Voilà pourquoi il est impératif que :

  • Les mineurs ne fréquentent pas ces centres, les dégâts solaires réalisés dans l’enfance faisant le lit des cancers de peau.
  • Les personnes à peau claire et/ou yeux clairs ne rajoutent pas des doses d’UV supplémentaires à celles qu’elles reçoivent déjà de la lumière naturelle.
  • Les personnes ayant un antécédent personnel ou familial de cancer de la peau et les immunodéprimés ne s’exposent pas aux UV.

Et que l’on arrête de nous avancer de faux arguments (on pourrait en faire un bêtisier !) qui cachent mal des intentions purement commerciales.

Références :
- Heckman CJ. Am J Health Behav. 2008;32(5): 451 - Mosher CE. Arch Dermatol.2010;146(4):412

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lundi, 29 novembre 2010

CREMES SOLAIRES : PAS PRES DES CORAUX !

Vous avez tous bien intégrés les bénéfices de l’application de crèmes solaires en été sur les peaux claires, mais que savez-vous de leur impact sur l’environnement ?
coraux

Il est un cas qui mérite réflexion, c’est celui des barrières de corail. Le corail est un animal vivant généralement en colonies d'individus (les polypes), construisant tout au long de leur vie un squelette extérieur à partir de minéraux présents dans l'océan. On trouve des récifs de coraux dans différentes régions du globe, même dans les mers froides, à différentes profondeurs.

Les barrières de coraux les plus connues sont celles qui se développent à faible profondeur : les coraux hermatypiques qui vivent en symbiose avec des zooxanthelles, et ont besoin de lumière.

Ces coraux sont menacés de blanchiment (en réponse à un stress, ils dépérissent et expulsent leurs zooxanthelles) du fait du réchauffement climatique, de l’acidification des océans, des rejets dedivers produits toxiques.

Plus récemment, l’usage d’écrans solaires a été pointé du doigt comme un facteur pouvant contribuer à l’extinction des coraux hermatypiques. C’est le résultat de l’étude menée par le professeur italien de biologie marine Roberto Danovaro et son équipe de l’université d’Ancône.
En effet, la crèmes solaires dont s’enduisent les baigneurs se dilue dans l’eau et laisse en surface un film qui arrête les UV dont les coraux de surface ont besoin pour vivre. De plus ces écrans solaires peuvent activer la réplication de certains virus présents dans les zooxanthelles, les faisant exploser et répandre d’autres virus localement… Plusieurs aires marines protégées ont déjà pris des mesures, interdisant l’usage des écrans solaires. C’est notamment le cas dans la réserve de biosphère de Tulum, au Mexique. C’est certainement le début d’une prise de conscience collective qu’il faut revoir notre mode de consommation et fabrication des cosmétiques. En espérant que nous ne le fassions pas trop tard…

Liens :

Source photo :

lundi, 28 juin 2010

CE QUE L’ETUDE DES JUMEAUX PEUT NOUS DIRE DU VIEILLISSEMENT CUTANE

jumeaux

Nous vieillissons tous différemment. Dans ce processus inéluctable, la génétique se mêle aux facteurs environnementaux dans des proportions variables.

Une étude publiée en décembre 2009 nous permet d’en savoir un peu plus sur ce sujet. Une équipe américaine s’est intéressée au vieillissement chez les jumeaux (vrais et faux) afin de mieux identifier les facteurs environnementaux associés au vieillissement cutané. Un questionnaire recueillait chez 65 paires de jumeaux les notions de phototype, antécédent de cancer de la peau, la consommation de tabac et alcool, et le poids. Parallèlement, des mesures du vieillissement cutané étaient réalisées en utilisant une échelle photographique validée, principalement sur la présence de ridules et désordres pigmentaires.

Les résultats montrent que les facteurs associés à un vieillissement accentué sont : un antécédent de cancer de la peau, le surpoids, et la cigarette. Les chercheurs pensent que ces résultats peuvent aider à motiver les gens pour lutter contre les comportements à risques (tabac et expositions solaires répétées). Il est vrai que lorsque je demande à mes patientes de penser à arrêter de fumer, ou de faire attention au soleil, ce n’est pas la réduction du risque de cancers qui leur parle, mais les résultats qui seront visibles sur leur peau !

Référence: Martires KJ. Factors that affect skin aging: a cohort-based survey on twins. Arch Dermatol. 2009;145(12): 1375-9
Source photo: http://www.dinosoria.com/jumeaux.htm

lundi, 21 septembre 2009

QUEL EST L'IMPACT DES CAMPAGNES DE PREVENTION SOLAIRE ?

Les médias sont utilisés pour véhiculer des messages de prévention solaire chaque été. Cependant il est difficile d'en mesurer l'impact. Voici quelques chiffres frappants issus d'une étude réalisée sous forme de sondage sur une plage de Bretagne durant l'été 2008 auprès de 767 sujets âgés de 10 à 52 ans et de phototype globalement clair.

  • Concernant l'exposition solaire: 99,6% des sujets savaient que les heures les plus dangereuses se situent entre 11h et 16h, mais 80 % des sujets s'exposaient à la plage durant ces heures-là, tout en reconnaissant que la meilleure protection vis-à-vis du soleil reste l'absence d'exposition.
  • Concernant le bronzage: 42% des sujets le considèrent comme un signe de beauté, et 17 % comme un signe de bonne santé.
  • Concernant les effets des produits solaires: 30% considèrent que la crème permet de rester plus longtemps au soleil.
  • Concernant les recommandations de prévention solaire: 21% n'en ont pas pris connaissance (âge moyen: 35 ans).

Bien sûr cette étude ne reflète pas forcément l'opinion de l 'ensemble de la population française et ne tient pas compte des sous-catégories sociales (notamment l'âge et le sexe), mais ces chiffres doivent quand même nous faire conclure que le message n'est pas encore bien passé, et qu'il est urgent d'éduquer nos enfants sur les comportements à risques vis-à-vis du soleil. D'autre part, le bronzage est encore trop souvent associé à des idées obsolètes ou des préjugés tels que: la réussite de ses vacances, la maîtrise de son temps, la réussite sociale, la santé… Bref, s'il est indéniable que le soleil nous procure bien-être et détente, et qu'un léger hâle donne bonne mine , il y encore beaucoup de travail pour changer les croyances populaires et encourager les gens à se protéger.

D'après le travail du Dr A-M Rouxel, Dermofocus n°35.