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Maladie de la femme à la peau claire, rougissements dus aux émotions chez ces dames … ? Pas vraiment ! Les études épidémiologiques et physiopathologiques menées ces dernières années sur la couperose (rosacée de son nom médical) dressent un autre portrait de cette maladie vasculaire.

Si tous les auteurs s’accordent pour dire que la rosacée débute souvent après 30 ans (avec un pic de prévalence vers 50 ans), la réalité de la consultation de dermatologie nous montre une part non négligeable de jeunes patientes dont les bouffées vasomotrices du visage peuvent commencer à la vingtaine.

Concernant la classique prédominance féminine, cela ne pourrait être qu’un biais de recrutement dans les études, les femmes consultant plus volontiers pour leur peau que les hommes. Une étude irlandaise notamment, réalisée sur une population d’employés tout-venants, a montré en 2010 une majorité d’hommes pour les cas de rosacée avec boutons rouges (forme papulopustuleuse).

Quant aux chiffres, ils est difficile d’évaluer la prévalence de la rosacée - couperose, bon nombre de patients ne consultant jamais, mais il est probable que nos données sous-estiment la réalité. Il est en revanche certain que la prévalence augmente lorsqu’on monte vers le nord.
Des études retrouvent par exemple les chiffres de 1% de la population en Grèce, 2% aux USA, et 10% en Suède.
En France ce serait 2 à 3 % de la population adulte qui serait touchée. Il suffit de regarder vos congénères dans un avion ou au cinéma pour vous en convaincre.

Parmi les facteurs de risque de rosacée, le principal est le phototype clair (peau claire et/ou yeux clairs), mais il existe des sujets très bruns à peau mate qui présentent également cette pathologie.

Enfin, concernant les causes de cette mystérieuse affections, il demeure de nombreux points non éclaircis. Ce que l’on sait aujourd’hui est qu’il existe des anomalies du derme – le tissu de soutien de la peau – avec de nombreux microvaisseaux et de l’œdème. La peau apparait donc très vascularisée et « engorgée ».
Il existe également une anomalie dans le système veineux du visage. En effet, normalement, lorsque la température du corps s’élève (effort sportif par exemple), il existe un mécanisme permettant de refroidir le sang artériel arrivant au cerveau pour éviter la surchauffe : le sang de la veine faciale, plutôt que de s’écouler normalement vers le bas, repart vers le haut par la veine angulaire de l’œil et se refroidit alors. Puis ce sang veineux plus frais redescend en passant autour du siphon artériel carotidien et rafraichit donc un peu le sang artériel qui monte par là au cerveau.
Mais dans la rosacée, il a été démontré que ce système de refroidissement est déficient, ce qui fait penser qu’il existe peut-être un défaut primitif de la vascularisation faciale qui, sous l’influence de divers facteurs, finit par créer des conditions favorables au développement de la rosacée, avec œdème facial et varices du visage.

On comprend ainsi mieux l’intérêt de certains traitements comme les antibiotiques anti-inflammatoires pour lutter contre les poussées inflammatoires ou le laser vasculaire pour coaguler les vaisseaux de surface.

Références :

  • Chosidow O. Epidémiologie de la rosacée : données actualisées. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S124
  • Cribier B. Physiopathologie de la rosacée. Rougeurs, couperose et rosacée. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S129



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