menopause.png

Les modifications hormonales ajoutées à la sénescence programmée de la peau font de cette période un tournant dans la physiologie cutanée, avec des modifications qui peuvent être rapidement visibles.

Le vieillissement physiologique de la peau démarre à la trentaine et va s’accentuer du fait de la carence oestrogénique. La peau devient progressivement plus fine, voire atrophique, sèche, déshydratée. Son élasticité est diminuée, de même que sa densité. La peau apparait donc moins tonique voire flétrie. Ces modifications sont par ailleurs accentuées par des facteurs externes tels que l’exposition aux UV, et plus visibles chez les sujets à la peau claire, initialement plus fines. A ceci s’ajoute la fonte progressive du support sous jacent –osseux, graisseux, musculaire- qui contribue à la sensation de vêtement trop grand par endroits.

Le tournant de la ménopause va accentuer brusquement ces modifications, sauf durant le temps de prise d’un éventuel traitement hormonal substitutif. L’amincissement du derme se fait au rythme d’une perte de 2% du collagène par an, de façon parallèle à la perte osseuse. Les bouffées de chaleur majorent la couperose et la tendance congestive du visage. D’autre part, sur le plan hormonal, une hyperandrogénie relative s’installe (moins d’œstrogène, mais toujours autant d’hormones masculines), d’où une hyperpilosité du visage et une chute de cheveux avec creusement des golfes temporaux.

Bien sûr ces modifications sont d’intensité variable d’une femme à l’autre, et fonction des dégâts cutanés pré-existant, et le tournant de la cinquantaine n’est pas forcément synonyme de décrépitude.
La meilleure façon de bien aborder cette phase de transition, sur le plan dermatologique, est d’avoir préparé la « retraite » de sa peau, autrement dit d’avoir préservé son capital solaire. Pour les cigales, il est encore temps de redresser la barre en optant pour une bonne hygiène de vie, des crèmes exfoliantes et redensifiantes, et éventuellement une discussion conjointe entre gynécologue et dermatologue.
Cependant, le ralentissement du vieillissement cutané n’est pas un argument suffisant à la mise en route d’un traitement hormonal substitutif lorsqu’il existe des contre-indications médicales. Heureusement, les dermatologues ne se débrouillent pas si mal que ça sans l’aide des gynécologues, il y a donc moyen de lutter contre le vieillissement cutané sans forcément passer par un traitement hormonal.

Photo