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Les « synthetic detergents » ou « syndets » sont des nettoyants moussants liquides constituant une alternative au savon pour la toilette. L’idée de leur fabrication remonte à la deuxième guerre mondiale, lorsque le général Mac Arthur demande aux chimistes américains de mettre au point une variété de savon pouvant mousser dans l’eau de mer, de façon à permettre aux GI’s de se laver lors de leurs longues missions dans les iles du Pacifique.

Sur le plan chimique, les surfactants synthétiques ont la même structure chimique que les savons naturels mais ils sont extraits du pétrole et ont l’avantage d’une grande variété de structures permettant de multiples associations en fonction des objectifs recherchés. Ces surfactants ont la capacité de nettoyer sur la peau à la fois les substances aqueuses (débris cellulaires, sueur…), et les substances grasses (sébum, micro-organismes, …) avant d’être éliminés par l’eau de rinçage.

Il existe différents types de surfactants :

  • Les anioniques : ce sont les plus utilisés dans nos produits d’hygiène. Les plus connus sont le lauryl sulfate de sodium (LSS) et le sodium laureth éthoxylate sulfate. Ils se caractérisent par un fort pouvoir nettoyant, et d’excellentes propriétés moussantes et mouillantes. Ces surfactants anioniques sont les détergents de base utilisés dans la plupart des shampoings et gels douche car ils sont peu couteux, mais ce sont les plus agressifs pour la peau. Parmi ces surfactants, le sodium lauryl sulfate est le plus irritant.
  • Les cationiques : on les utilise généralement pour leurs propriétés antiseptiques. Les plus utilisés sont les sels d’ammonium quaternaires (cétrimide et chloride de benzalkonium). On les retrouve principalement dans les shampoings car ils ont également un fort pouvoir antistatique et coiffant. Ils sont aussi irritants que les surfactants anioniques.
  • Les surfactants amphotériques : ils associent les propriétés des anioniques et cationiques. Les plus utilisés sont la bétaïne cocamidopropyl et les coco ampho acétates et diacétates. Le premier est le plus répandu du fait de ses propriétés viscosantes et de son fort pouvoir moussant. Ces surfactants amphotériques sont très utilisés dans les produits pour bébés du fait de leur bon pouvoir nettoyant et moussant, associé à des propriétés antiseptiques modérées et à une meilleure tolérance pour la peau.
  • Les surfactants non ioniques enfin : ils sont utilisés pour augmenter la viscosité des shampooings et cosmétiques, et ont le pouvoir de piéger le calcaire de l’eau. On les utilise également parfois dans les additifs alimentaires. Ce sont les produits les moins irritants mais les plus couteux.


Ces différents surfactants se classent en fonction de leur pouvoir irritatif : cationique> anionique> amphotérique > non ionique. Mais il faut savoir que la plupart des syndets associent différents surfactants afin de jouer sur les textures et le pouvoir moussant.

En conclusion, le terme « sans savon » ne signifie pas qu’il ne s’agit pas de sel alcalin d’acide gras d’origine végétale ou animale. Le savon classique est à base d’huile d’olive (savon de Marseille) ou de laurier (savon d’Alep). Il est naturellement sous forme solide. Le terme « syndet » correspond à des dérivés amphiphiles extraits du pétrole. Leur grande variété permet de multiples possibilités d’associations. Les anioniques, bien que les plus agressif pour la peau, sont presque toujours intégrés dans les produits du fait de leurs propriétés moussantes.

Source : Gall Y. Syndets, surgras, sans savon…et hygiène : qu’en est-il de leur tolérance ? Dermatologie Pratique. 2012 ; 359 : 15

Image : « Le bain », Charles Gleyre, 1868