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Les injections, qu’elles soient d’acide hyaluronique ou de toxine botulique, sont destinées à atténuer les rides du visage, à détendre les traits et à ralentir le cours du temps. Spécificité française ou exception culturelle, nous avons dans notre pays des patientes qui souhaitent des résultats naturels, le comble de la vulgarité étant pour certaines que l’acte puisse être identifié.

Au contraire, dans la plupart des autres pays, l’injection est un signe extérieur de richesse et l’on considère que « si l’on paye, il faut que ça se voit ».
Dans certains autres cas, la pression est telle sur les épaules des femmes, que la quête de la perfection se poursuit inexorablement, par exemple chez certaines américaines qui s’imposent d’être performantes et « successfull » sur tous les plans.

Pourtant, s’il y a bien un domaine où il faut savoir s’arrêter, c’est en matière d’injections. Le mieux est en effet l’ennemi du bien sur un visage, et de même que le sel, il est facile de rajouter de l’acide hyaluronique ou de la toxine botulique, mais il est difficile d’en enlever lorsqu’on a eu la main trop lourde !

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Parmi les erreurs classiques avec la toxine botulique, on peut citer :

  • La tentation du vouloir totalement lisser le front, ce qui peut entrainer un abaissement trop marqué des sourcils (et oui, le muscle frontal sert à élever les sourcils) d’où un air endormi ou morne.
  • L’injection d’une dose élevée de toxine sur les pattes d’oie afin de les lisser, mais cela perturbe aussi la pompe de drainage lymphatique de la paupière inférieure, qui devient donc lourde et pochée.
  • Les injections trop basses au niveau de la patte d’oie, entrainant une atteinte du muscle petit zygomatique (essayez donc de sourire après ça…de toute façon vous n’en aurez plus envie).
  • Le rajout de toxine au niveau des rides du lion (qui sont il est vrai parfois coriaces), entrainant une petite diffusion de produit au niveau du releveur de la paupière supérieure. La paupière devient alors lourde est difficile à maquiller pendant quelques semaines.


Concernant l’acide hyaluronique, on peut également citer classiquement:

  • L’injection de produits trop épais ou en trop grande quantité au niveau des cernes ou des rides de la lèvre supérieure : l’appel d’eau associée à la mise en place du filler peut entrainer une surcorrection avec des poches sous les yeux ou une projection de la lèvre supérieure en avant. Dans le pire des cas, un « boudin » de produit est visible.
  • Les injections trop généreuses au niveau des lèvres ( la hantise des Françaises qui ont toujours quelques contre-exemple à citer avant l’injection : « Docteur, je ne veux surtout pas ressemble à… »). Sur cette zone particulièrement délicate, il convient de respecter les proportions de la bouche (longueur/largeur), et l’anatomie initiale (on ne peut pas recréer le dessin des lèvres, seulement les remplir plus ou moins).
  • Les injections du bas du visage afin de redessiner l’ovale et éviter un lifting : croyez-vous sincèrement que le fait de charger les volumes du menton et du bas des joues va améliorer l’apparence lorsqu’on a un problème d’affaissement des tissus ??


Dans tous les cas, donc, il vaut mieux être un peu sous-corrigé que sur-corrigé. Et ce d’autant plus que la régularité des injections (sans excès tout de même) est récompensée par une meilleure durabilité du produit, y compris avec la toxine botulique.

Le travail de correction se fait donc au fil des années, en douceur, et dans la discrétion pour celles et ceux qui ne veulent pas raconter leur vie.

Photos: Jocelyn Wildenstein, la femme panthère, puis les frères Bogdanov