C'est en effet la question que se posent certains chirurgiens amenés à opérer des tumeurs du visage.

La toxine botulique agit en bloquant la transmission de l'information au niveau de la jonction neuromusculaire. Ses effets sont transitoires, de l'ordre de quelques mois, et permettent donc d'atténuer les contractions du muscle injecté. Or le visage est un zone très mobile, où il est difficile de contrôler volontairement ses muscles. Ces mouvements provoquent des tiraillements et tensions qui gênent la cicatrisation, élargissent la zone suturée etc… Celles et ceux à qui l'on a retiré des grains de beauté dans le dos ou sur le genou le savent bien: la cicatrice est souvent large et disgracieuse. Sur le visage, la plupart du temps, la peau est assez laxe pour permettre une suture de qualité. Cependant, en chirurgie reconstructrice sur le visage, il n'y a pas toujours assez de laxité.
D'où l'idée de certains auteurs (Flynn. Dermatol Surg,2009) de mettre au repos certains muscles pendant la phase de cicatrisation après un geste délabrant. Les bénéfices sont bien sûr à mettre en balance avec les effets secondaires, et le geste est discuté au cas par cas, mais il peut s'agir d'une chance supplémentaire d'atténuer les cicatrices du visage.