Dermatologie et Esthétique

Le docteur Nina Roos vous
accueille aussi sur son site
docteurninaroos.fr

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Problèmes de Peau

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 23 décembre 2013

COMMENT LUTTER CONTRE LES MEFAITS DU FROID SUR LA PEAU ?

mefait_du_froid.png

L'hiver, certaines questions reviennent souvent en consultation. Elles visent à comprendre quels sont les bons gestes pour entretenir sa peau malgré le froid. Voici les plus fréquentes:

  • Quels sont les désagréments du froid sur la peau ?

Le vent et le froid agressent la peau en abimant la barrière cutanée: les cellules ont moins de cohésion, elles desquament, et la barrière cutanée devient poreuse, laissant passer allergènes et agents irritants, et laisser s'évaporer l'eau.

  • Le froid accélère t-il le vieillissement de la peau ?

Peu d'études se sont intéressées au sujet, mais il semble que le froid, en accélérant le dessèchement de la peau, majore l'installation et le creusement des rides.

  • Comment éviter les gerçures et les engelures ?

Pour les gerçures des lèvres: utiliser un stick labial plusieurs fois dans la journée, éviter de traiter ses lèvres sèches en les lèchant, cela ne fait qu'aggraver le problème.
Pour les engelures des mains et pieds: la priorité est de lutter contre le froid. Ne pas hésiter à porter des gants et chaussettes de ski, des bottes fourrées etc...L'utilisation de crèmes réparatrices est souhaitable deux fois par jour, et il faut également limiter le lavage des mains, très décapant pour la peau.

  • Comment les soigner ?

Lutter contre le froid, car les vaisseaux des extrémités se contractent en premier pour limiter les pertes de chaleur en hiver, ce qui entraine un défaut de nutrition et de réparation localement: une peau bien vascularisée cicatrise plus vite et mieux. Puis limiter les lavages et les tics de léchage (pour les lèvres). Utiliser plusieurs fois par jour des onguents réparateurs (à base de beurre de karité notamment , comme le Barriéderm Onguent chez Uriage), ou si on n'a rien d'autre: de la vaseline en couche épaisse.

  • La couperose est davantage visible en hiver. Que faire pour la prévenir et la traiter ?

Il faut chouchouter sa peau: éviter le lavage au savon du visage, utiliser plutôt des laits nettoyants ou eaux micellaires, moins agressifs. Eviter le vent (baisser la visière de son casque etc...), ne pas trop monter le chauffage à la maison, ça majore les rougissements. Et surtout, prendre des crèmes plus riches qu'en été, et spécialement formulées pour les peaux sensibles.

  • Faut-il changer de crème hydratante pendant l'hiver ?

Oui: il vaut mieux privilégier des textures plus riches. On peut garder la même crème que l’été en l’achetant en version « riche », ou opter pour des crèmes spécialement formulées pour les peaux sèches ou qui démangent.

  • Pour le corps, que faut-il faire pour en prendre soin ?

Eviter le savon classique, très décapant, surtout dans les régions où l’eau est calcaire. L’hiver, il faut préférer les savons surgras ou les nettoyants sans savon (syndets). Et ne pas oublier de crémer tous les jours.

  • Comment protéger ses mains ?

De la même façon que pour se protéger des engelures: lutter contre le froid avec des protections adaptées, et surtout ne pas laver trop souvent. 3-4 lavages par jour suffisent. Et bien sûr, utiliser des crèmes réparatrices.

lundi, 25 novembre 2013

LA ROSACEE LIEE AU RISQUE CARDIOVASCULAIRE ?

rosacee_cardiovasculaire.png

Jusqu’alors, la rosacée n’avait jamais été statistiquement corrélée au risque cardiovasculaire, ni aux maladies vasculaires au sens large. Il est vrai que certaines patientes font un lien que nous sommes forcés de constater avec leur « mauvaise » circulation veineuse, sans que des données solides viennent confirmer cela. Mais concernant le risque cardiovasculaire, artériel, donc, il n’y avait jusqu’alors pas de données dont on puisse tirer des conclusions, ni de raison de penser que la rosacée et les problèmes cardiovasculaires pouvaient être liés.

Or une étude publiée cet été montre qu’il existe peut-être un lien entre rosacée et probabilité d’avoir des pathologies cardiovasculaires. Cette étude a été réalisée sur un panel de 60 patients turcs souffrant de rosacée, que l’on a comparé à 50 témoins sans rosacée (comment diable vous organisez-vous, chers confrères, pour perdre 10 patients en route ??). Les lecteurs de ce blog seront également surpris que cette étude ait été faite en Turquie, où ils savent que la rosacée est faiblement répandue, comparativement aux pays plus au nord. L’étude a consisté à doser la cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) et à interroger les patients sur leurs antécédents familiaux.
Les résultats montrent que les porteurs de rosacée sont dans 2/3 des cas des femmes, qui ont un mauvais cholestérol significativement plus élevé que les autres, plus souvent d’antécédent familiaux de maladie cardiovasculaire, et consomment plus volontiers tabac et alcool. Sur ce dernier point, les données peuvent être interprétées autrement car il est indéniable que la consommation régulière d’alcool aggrave la rosacée.

Il faut donc comme d’habitude considérer tous ces résultats avec recul, et réaliser d’autres investigations avant de tirer des conclusions solides. Mais on peut en attendant user de prudence si l’on souffre de rosacée et adopter une meilleure hygiène de vie, de même qu’il est souhaitable de faire le point avec son médecin traitant une fois par an.

Référence : Duman N. Rosacea and cardiovascular risk factors: a case control study. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2013 Aug 2.Epub ahead of print.

lundi, 11 novembre 2013

COMMENT TRAITER LA KERATOSE PILAIRE ?

keratose_pilaire.png

La « peau de poulet », râpeuse, à la face postérieure des bras, sur les cuisses, voire sur le visage et les fesses, ça vous dit quelque chose ? Cette particularité anatomique de votre peau n’est pas grave, mais elle est souvent mal vécue. La kératose pilaire est en fait un épaississement de la peau autour des follicules pileux, qui touche préférentiellement les atopiques. En France, 25% de la population générale est atteinte. Si l’on ne peut pas changer la structure de la peau, on peut tout de même l’améliorer avec certains produits. Voici quelques conseils qui devraient vous aider:

  • N’oubliez pas d’hydrater quotidiennement la zone, ça aide un peu car la kératose pilaire s’aggrave au froid.
  • Dans le choix des crèmes, préférez les produits exfoliants : aux acides de fruits (AHA, BHA, PHA), acide glycolique en particulier, acide lactique, ou urée dosée à plus de 10%. Il faut prévoir une utilisation régulière (plusieurs fois par semaine) et prolongée, car dès que vous arrêterez…la nature reprendra ses droits.
  • Si vous n’y arrivez pas, consultez votre dermato : dans les cas les plus sévères, des rétinoïdes sont prescrits. En cas de rougeurs associées au niveau du visage, les lasers vasculaires peuvent les atténuer si vous êtes très complexé(e).



Source photo : dermatologie.free.fr

ACNE ET PILULE EN 2014

acne_pilule_2014.png

L’année 2013 a été une année noire pour les traitements hormonaux : mise en évidence des risque des pilules de dernière génération, retrait de Diane 35 du marché français, défiance générale à l’égard des traitements médicamenteux de longue durée…et l’acné en a profité pour se réinstaller sur le visage des femmes qui...

Lire la suite sur Mon Site Beauté.

lundi, 30 septembre 2013

LA ROSACEE SUR LES PEAUX SOMBRES: MOINS FREQUENT MAIS PAS RARE

black_rosacea.png
On répète régulièrement que la rosacée, surnommée malédiction des Celtes, est une pathologie des peaux claires, et que sa fréquence est plus élevée dans les pays nordiques que dans le bassin méditerranéen. La rosacée des peaux sombres n’est pourtant pas une situation exceptionnelle. Ce sujet était au programme du 71ème congrès de l’Académie Américaine de Dermatologie (AAD), en mars 2013.

Le Dr Valerie Callender est professeur de dermatologie à Howard University, Washington ( université parfois surnommée la Black Harvard,) ce qui lui fait rencontrer une proportion importante de peaux sombres dans ses consultations. Le Dr Callender dit que , bien que peu répandue, la rosacée survient aussi sur les peaux sombres, qui représentent une part croissante de la population américaine, du fait notamment de l’augmentation des Hispano-Américains.

Du fait de l’association connue entre rosacée et peau claire, les patients à peaux sombres souffrant de rosacée sont souvent mal pris en charge. Les diagnostics sont souvent erronés, et la rosacée confondue avec de l’acné ou de la dermite séborrhéique. La fréquence de la rosacée semble donc sous-estimée dans les populations colorées.

Une étude présentée au cours de ce congrès annuel de l’AAD a montré que parmi tous les patients Américains soufrant de rosacée, 4% étaient des Hispaniques, 2% des Afro-Américains, et 2,3 % étaient d’origine asiatique ou du Pacifique.

Le diagnostic de rosacée sur peau sombre est moins facile car si l’on distingue les boutons, la couperose, elle, est masquée par le pigment de la peau. Parmi les éléments d’orientation qui peuvent aider à faire le diagnostic, la présence de flush (coup de chaleur au visage) et d’hypersensibilité de la peau sont à rechercher, la présence de rosacée oculaire également. De même, on ne cherchera pas à trouver des rougeurs sur le visage, mais plutôt des différences de coloration, hypo ou hyperpigmentation, par rapport à la peau adjacente.

Enfin, le traitement est plus difficile que sur les peaux claires, du fait de l’impossibilité d’utiliser les lasers vasculaires habituels, qui risqueraient d’attaquer le pigment brun de la peau.

lundi, 15 juillet 2013

LES NAGEURS DU CERCLE DE MARSEILLE ET LES CABINES UV

marseille.png

Nageurs du Cercle Marseillais, avez-vous perdu la raison ? Ou êtes-vous réellement non informés des méfaits des UV en cabines ? Etes-vous sûrs d’avoir été bien conseillés avant de signer un partenariat avec…Point Soleil ?

Quelle consternation en découvrant que depuis octobre 2012, la chaine Point Soleil se vante d’un partenariat avec les nageurs du cercle de Marseille, tel Camille Lacourt ou Laure Manaudou. Quelle honte pour nos sportifs d’encourager leurs fans à avoir des comportements à risque. Quel gâchis pour ces jeunes qui accroissent ainsi leur risque de développer un cancer de la peau.

Comment ? Madame Manaudou, Monsieur Lacourt, vous n’êtes réellement pas au courant des effets cancérigènes des UV ? Alors voici les faits :

  • Les UVA, comme les UVB, sont responsables des cancers cutanés.
  • Le Centre international de recherche sur le cancer de l'OMS classe officiellement les sources artificielles d'UV comme «cancérigènes pour l'homme» au même titre que le tabac.
  • Le nombre des ces cancers double tous les 10 ans. Pour le mélanome, le plus agressif, sa fréquence a été multipliée par 4 chez les homes et par 3 chez les femmes ces vingt dernières années.
  • Le risque de développer un cancer de la peau est doublé chez les utilisateurs de cabines à UV, s'ils s'exposent avant 35 ans, et accru de 20 % pour les autres.
  • Les cabines à UV représentent un tel risque en termes de santé publique que le Brésil les a interdites en 2009. Nous sommes en France encore en retard sur ce sujet…
  • 5 minutes en cabine UV équivalent à 2 heures d’exposition à la lumière naturelle. Alors, que pensez-vous que fassent 20 minutes en cabine ? Et oui, l’équivalent d’une journée d’été passée à l’extérieur sans crème ni ombre…
  • Les UVA en cabine ne préparent pas le peau au soleil : ils la colorent en brun du fait de l’oxydation de la mélanine, mais ce pigment ne protège pas des UVB.
  • Les UVA en cabine, de même que les UVA naturels, sont également responsables du vieillissement prématuré de la peau : rides, taches, peau fripée.
  • Les chercheurs de l'International Prevention Research Institute de Lyon et de l'European Institute of Oncology de Milan ont fait une synthèse de 27 études menées dans dix-huit pays européens. Ils estiment que 5,4 % des mélanomes cutanés -la forme la plus grave des cancers de la peau- diagnostiqués en Europe sont attribuables à l'usage des cabines à UV. Le bronzage artificiel serait ainsi responsable, selon leur évaluation, de près de 800 morts par an à l'échelle européenne.
  • Une étude publiée en mai dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire estimait entre 19 et 76 le nombre de décès attribuables aux cabines de bronzage dans notre pays, sur les 1600 morts annuelles dues au mélanome.


Alors, chers nageurs qui nous avez fait rêver, montrez-nous que vous pouvez vous conduire en adultes responsables : apprenez aux jeunes à protéger leur santé plutôt que d’encourager les comportements à risque !

Photo : Cancer Research UK

lundi, 8 juillet 2013

QUELLES PRECAUTIONS PRENDRE VIS-A-VIS DE L'ACNE CET ETE ?

acne_ete.png
Spontanément, les attitudes différent: certains s'exposent pour "sécher" leur acné, d'autres n'osent pas de craintes de faire empirer les choses. Alors, quelles sont réellement les recommandations à suivre en cas d'acné en été ?

Lire la suite sur Mon Site Beauté.

lundi, 24 juin 2013

L’ETE ARRIVE : QUELLES SOLUTIONS POUR LES POILS INCARNES DU MAILLOT ?

urgence_poils_incarnes.png
Les poils incarnés au maillot empoisonnent la vie de bien des jeunes femmes : récidivants, inesthétiques, douloureux, laissant des marques…Ils sont une source de complexe, d’inconfort, voire de honte.

Lire la suite sur Mon Site Beauté.

lundi, 27 mai 2013

UNE NOUVELLE APPROCHE THERAPEUTIQUE DANS LA ROSACEE

news_rosacee.png

En dehors des lasers, aucun traitement actuel ne s’attaque à la composante vasculaire de la rosacée. Mais le laser vasculaire n’est pas remboursé. Or l’érythème, ces rougeurs permanentes du visage, sont socialement dérangeantes et font le lit de l’irritabilité future de la peau. Il est donc important de les prendre en charge pour limiter l’évolution de la rosacée. Une étude récente met en évidence l’intérêt d’utiliser un vasoconstricteur local dans la prise en charge de la composante vasculaire de la rosacée.

Lire la suite sur Mon Site Beauté.

lundi, 4 mars 2013

LES DIFFERENTS TEMPS DE LA CICATRISATION

cicatrisation.png
La cicatrisation d’une plaie est phénomène complexe, encore imparfaitement connu, mais dont les différents étapes ont globalement pu être décomposées comme étant les quatre temps suivants. La connaissance de ces mécanismes est nécessaire afin d’accompagner au mieux le processus cicatriciel et assurer le meilleur résultat sur le plan esthétique.

Lire la suite sur Mon Site Beauté.

lundi, 4 février 2013

QUELLE PLACE POUR LES TRAITEMENTS HORMONAUX DANS LA PRISE EN CHARGE DE L’ACNE ?

pilule.png

A l’heure où les pilules de dernières générations font l’objet de toutes les surveillances et ou Diane 35 vient d’être retirée du marché français, il est licite de s’interroger sur la place des traitements hormonaux dans la prise en charge de l’acné.
Toutes les acnéiques le savent, leur acné est une pathologie chronique, alternant les phases de poussées et de rémissions, et dont le retentissement sur la qualité de vie peut être énorme, et pas forcément corrélé au nombre de lésions. Bref, on est parfois amené à déployer de lourds traitements pour de petits boutons. Or en matière de pathologie chronique affichante, le dermatologue n’est pas là pour juger et peut difficilement se mettre à la place de sa patiente, son travail consiste donc à la traiter de façon adaptée, et à soulager la souffrance morale, tout en proposant des traitements dont les bénéfices excèdent les risques.

Or, même chez la femme qui souhaite une contraception hormonale, la « pilule » n’est pas le traitement de première intention de l’acné. D’autant plus que son action sur l’acné peut prendre quelques mois. On essaiera d’abord les soins locaux, voire les cures d’antibiotiques oraux, pour des résultats plus rapides sur les gros boutons rouges. En 3ème ligne seulement doit arriver l’option du traitement hormonal. Et dans ce cas, la prescription doit être initiée par la gynécologue, en l’absence de contre-indication, et sous sa surveillance. Car l’expérience a montré que ces traitements ne sont pas forcément anodins, même s’il faut leur reconnaitre dans la majorité des cas qu’ils sont bien tolérés et qu’ils offrent des résultats très appréciables pour les patientes.

Personnellement, les traitements hormonaux ne font partie des prescriptions que j’aime initier chez les adolescentes : le suivi sera-t-il fait correctement (ou la pilule renouvelée par-ci, par-là, en même temps que le certif’ de sport…) ? Ont-elles bien compris que la pilule ne les dispense pas du préservatif pour la protection des infections ? M’ont-elles tout dit de leur relation au tabac, quand maman assiste à la consultation ? Sont-elles assez disciplinées pour ne pas l’oublier ? Et surtout : pour combien de temps prescrire un traitement hormonal à une jeune fille ? Tout ceci me fait envisager d’autres options avec ces jeunes patientes, de même qu’avec leurs ainées. Ce n’est que dans les cas plus rebelles ou en cas d’impossibilité de suivre l’escalade thérapeutique classique que j’appelle la gynéco à la rescousse.

lundi, 21 janvier 2013

TENTATIONS D’HIVER : NE SUCCOMBEZ PAS AUX CABINES UV

hiver_uv.png
Les messages commencent à passer sur les dangers des cabines UV, mais je vois encore trop de personnes qui, au cœur de l’hiver, pensent qu’une petite séance d’UV en cabine va améliorer leur bien-être…Et ce sont bien sûr toujours des gens à la peau claire, jeunes de préférence. Peut-être les dermatologues n’ont-ils pas été assez clairs ou percutants sur la délivrance du message concernant les risques des UV en cabine. Il est vrai aussi qu’il y a peu de campagne d’information sur le sujet, alors il est grand temps que nos patients prennent conscience de certains chiffres :

  • Si vous faites régulièrement des UV, cela augmente de 20% votre risque de développer un cancer de la peau.
  • Précision : si vous avez commencé avant 35 ans, ce risque passe à 87%.
  • Globalement, le fait de fréquenter ces établissements augmente votre risque de mélanome de 1,8%.
  • Sans compter les impacts bien connus des UVA sur le vieillissement cutané.


Certes, les cabines UV sont interdites aux moins de 18 ans en France, tout comme aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie par exemple ; mais cela ne suffit pas.
Quant au Brésil : les législateurs ont carrément interdit toutes les cabines UV ! Une décision qui mérite d’être saluée et reproduite. Cette interdiction totale des cabines à UV (autres qu’à des fins médicales) entrera également en vigueur en Nouvelle Galle du Sud (Australie) en 2014.

Vous l’avez constaté, la France est donc en retard sur le sujet, mais cela pourrait changer dans les mois à venir. En effet, dans un rapport intitulé « Santé, beauté, une priorité : la sécurité », une mission d’information du Sénat préconise l’interdiction des cabines UV.

Mais à l’heure actuelle, en l’absence de prise de décision de nos parlementaires, n’attendons pas que nos jeunes aient massacré leur peau, faisons tous passer le message : UV = DANGER.

lundi, 7 janvier 2013

J’AI 30 ANS ET J’AI TOUJOURS DES BOUTONS : QUE FAIRE ?

acne_30_ans.png

Dans la très grande majorité des cas, l’acné de l’adulte concerne des femmes, et dans cette tranche d’âge, presque une femme sur deux a de l’acné…du moins en occident. Alors, peut-on vraiment espérer s’en débarrasser, et surtout comment ?

Lire la suite sur Mon Site Beauté.

lundi, 26 novembre 2012

QUOI DE NEUF SUR LES MASQUES DE GROSSESSE ?

melsma.png
Motif fréquent de consultation en dermatologie, le masque de grossesse ou mélasma n’en demeure pas moins mystérieux et donc difficile à traiter. Cependant, la recherche avance peu à peu sur ce sujet, voici donc les dernières actualités du mélasma.

Tout d’abord, il apparait que ce que nous appelons couramment « masque de grossesse », ne touche pas que les femmes, les messieurs étant atteints dans des proportions non négligeables selon les ethnies. C’est le cas en Amérique du Sud, Inde ou Asie du sud-est. Il semble qu’environ 10% des mélasmas chez les Caucasiens touchent les hommes, 14,5% chez les Latins et 20% chez les Indiens. Il a d’ailleurs été décrit chez les hommes d’Asie du sud-est une entité similaire, mais se développant sur la face externe des bras.

Il n’en demeure pas moins que les femmes sont plus touchées que les hommes, en particulier si elles ont une peau mate ou sombre.

Quant au mécanisme local en jeu expliquant ces pigmentations localisées et rebelles, les études génétiques montrent une hyperstimulation des gènes de la pigmentation, sans que l’on sache pourquoi ni comment. Il a également été constaté qu’il existe une inflammation locale dans la peau tachée, avec une hypervascularisation, en dehors même de tout traitement.

Enfin, sur le plan thérapeutique, une étude coréenne récente réalisée sur un petit échantillon de 25 patients, a montré l’intérêt potentiel de l’acide tranexamique (TXA) utilisé en crème ou comprimé pour réduire la pigmentation du mélasma. Il faudra bien sûr réaliser des études sur un plus grand nombre de patients avant de conclure, mais cela ouvre au moins une nouvelle piste thérapeutique.

Référence : Actualités du mélasma. Ortonne JP. Réalités Thérapeutiques en Dermato-Vénérologie. 2012 ;218 :25

lundi, 17 septembre 2012

L’ACNE ET LE REGARD DES AUTRES

acne.jpg

L’acné impacte considérablement la qualité de vie et les patients acnéiques ont souvent du mal à soutenir le regard des autres, voire ont honte de leurs lésions, alors même qu’ils n’en sont pas responsables. Si vous doutiez encore de cela, une étude récente réalisée aux Etats-Unis vient confirmer ce dont les patients se doutent, intuitivement.

Cette enquête répertorie le ressenti des personnes indemnes d’acné vis-à-vis d’adolescents acnéiques. Dans cette enquête, 1002 adolescents et 1006 adultes ont donné leur impression face à des photos d’adolescents avec une peau nette ou avec des lésions d’acné (ajoutées numériquement).
Les résultats se passent de commentaires :

  • 55% des ados pensent que l’acné est l’aspect le plus difficile de l’adolescence.
  • Les ados avec acné sont jugés (sur photos) comme plus timides, plus ringards, et plus isolés.
  • La présence d’acné fait penser que l’ado ne peut pas être un leader, ni quelqu’un d’heureux ou de confiant.
  • Les ados estiment qu’une peau acnéique réduit de 17% les probabilités de se faire embaucher pour un job d’été.
  • Enfin, les adultes embauchent plus facilement comme baby-sitter un adolescent sans acné.


Ceci confirme donc que l’acné a un grand retentissement sur la qualité de vie ( le mal-être étant indépendant du nombre de lésion) et que la consultation de dermatologie doit aussi prendre ne compte la souffrance psychologique dans ces pathologies affichantes et chroniques.


Source : Broué F. Regards différents sur l’acné. Dermatologie Pratique. 2012 ;357: 4


Référence : American Acne and Rosacea Society/Dr. Eva Ritvo Teen Perception Study, Conducted by Kelton Research, 2009

Photo

lundi, 27 août 2012

ROSACEE : LES DERNIERES DECOUVERTES DE LA SCIENCE

rosacee.jpg

Même si l’on considère parfois que les rougeurs du visage ne sont « qu’un problème d’ordre esthétique », sachez que différentes équipes de chercheurs dans le monde essaient de comprendre ce qui se passe dans ces peaux instables et réactives.

Des avancées récentes ont été réalisées à l’université de San Francisco (Dr Akihiko Ikoma). Il semble en effet que des dysfonctionnements du système nerveux soient liés aux rougeurs et aux boutons de rosacée.

Ces chercheurs ont mis en évidence sur des biopsies de peau que les patients souffrant de rosacée avaient des canaux ioniques TRP anormaux au niveau cellulaire. Or ces canaux sont primordiaux pour le bon fonctionnement du système nerveux périphérique. Par exemple, il a été démontré que les canaux TRPV1 pouvaient être activés par la capsaïcine ( une substance retrouvée dans la nourriture épicée), la chaleur ou une inflammation locale. Il a été démontré que les canaux TRPV4 pouvaient également être activés par la chaleur, ce qui pourraient entrainer les épisodes de rougissement brutaux (flush) et sensations de brulures .

Les chercheurs ont également trouvé que les patients présentant une rosacée érythémato-télangiectasique (couperose sans bouton donc où prédominent les rougissement brutaux) avaient au niveau du système immunitaire une réactivité exagérée des canaux TRPV2 et 3, de même qu’une surexpression des gènes des canaux TRPV1.

Les patients présentant une rosacée papulopustuleuse présentaient une hyperréactivité du système immunitaire pour les canaux TRPV2 et 4, et une surexpression des TRPV2.

Les canaux nerveux TRP pourraient donc être une cible future pour les recherches à visée thérapeutique.

Par ailleurs une étude séparée réalisée à l’université du Michigan (Dr Yolanda Helfrich) a montré que les patients avec une rosacée érythemato-télangiectasique avaient un plus grand nombre de mastocytes (cellules immunitaires de l’inflammation), déchargeant leur contenu dans la peau, autour des vaisseaux et petits nerfs. Ils pourraient donc être impliqués dans les flushes. Ces anomalies n’ont pas été retrouvés dans les peau où la couperose résultait du simple vieillissement induit par le soleil, suggérant que la présence des vaisseaux sanguins seuls ne suffisait pas pour conduire à la rosacée.


Lien: www.rosacea.org


Photo

lundi, 4 juin 2012

ACNE : DE L’IMPORTANCE DE L’EDUCATION DANS UNE PATHOLOGIE CHRONIQUE

education_acne.jpg
Fut un temps où les dermatologues disaient à leur jeunes patients que l’acné allait passer après l’adolescence ou après une première grossesse…Las, nombre d’entre vous, et vous êtes majoritairement des femmes, ont bien compris que prendre de l’âge ne réglait pas tout leurs problèmes (pire, les rides côtoient les boutons !).

En effet, jusqu’à 40-50% des femmes occidentales ont de l’acné; et l’impact sur la qualité de vie est énorme, quel que soit le nombre des lésions. Et cette pathologie, très complexe et non totalement comprise ne fait, est parfois désespérante.
Alors, comme dans toutes les pathologies chroniques de la peau (eczéma, rosacée…), outre les médicaments prescrits par les dermatologues, les efforts faits au quotidien par le patient sont déterminants pour contrôler la maladie. D’où l’importance de l’éducation du patient, mais la consultation surchargée de dermato ne laisse malheureusement pas toujours le temps pour les longs discours. Peut-être devrions nous envisager dans des structures hospitalières des « écoles » de l’acné , comme il existe des « écoles » de l’asthme, de l’eczéma ou du diabète…

En attendant, voici ce que tout acnéique devrait garder en tête pour diminuer l’intensité de son acné.

  • Chez les femmes, le mode de contraception doit tenir compte du terrain acnéique : on évitera donc les stérilets Miréna à la progestérone), et les pilules contenant un progestatif avec la syllabe « nor », qui tous deux peuvent aggraver l’acné. Il faut donc mentionner votre antécédent d’acné à votre gynécologue.
  • Le tabac doit être arrêté ou réduit, ce qui réduira également les lésions rétentionnelles (points noirs, pores dilatés, grains de milium)
  • Il faut résister à la tentation de trop bronzer (ou pire, de faire des UV !): le soleil améliore transitoirement les lésions, mais l’acné rebondira à l’arrêt des expositions, et on ne peut pas conseiller les UV réguliers car cela peut engendrer des cancers de peau.
  • Il faut autant que possible éviter l’alimentation industrielle : emballages plastiques, boites de conserve, conservateurs, graisses saturées, junk-food, chips, sucreries, charcuteries…sont autant d’aliments qui contiennent des substances inductrices d’acné.
  • De même, vous éviterez les laitages industriels (les vaches sont gavées d’hormones, je pense que vous le savez…) ou alors vous les choisirez bio.
  • Par ailleurs, une maladie chronique nécessite un suivi chronique donc régulier. Il arrive que l’on tâtonne au début pour trouver le bon traitement, il arrive que les résultats ne surviennent pas assez rapidement…Mais c’est comme cela dans toutes les pathologies de longue durée. Les diabétiques ne changent pas de diabétologue tous les 3 mois si la glycémie n’est pas parfaite. Alors pourquoi les acnéiques changent-ils aussi souvent de praticien ? Simplement parce que personne ne leur a expliqué la nature de leur pathologie, sa chronicité, son caractère rebelle et désespérant parfois.
  • Il faut également savoir accepter la survenue de poussées sans maudire la Terre entière : vous avez une maladie chronique, dont l’évolution se fera inévitablement avec des rémissions et des poussées. D’où la nécessité de maintenir des traitements de fond, durant plusieurs mois ou années…
  • Enfin, vous devez savoir adapter votre traitement. Hormis les antibiotiques, les autres traitements locaux peuvent nécessiter des applications espacées. Si votre peau est irritée, il faut réduire les quantités et les fréquences d’application, et avoir une bonne crème hydratante (voir en parapharmacie) en compensation. Il faut aussi avoir en tête le nom des traitements que vous n’auriez pas du tout supporté. Dernière chose, il faut savoir anticiper : il existe des poussées d’acné déclenchées par le printemps ou le retour des grandes vacances, ou par le stress professionnel. Il ne faut donc pas attendre pour intensifier les traitements si vous savez que vous arrivez à une période à risque.


Tout ceci se gère évidemment conjointement avec votre dermatologue, votre interlocuteur privilégié, qui adaptera le traitement à l’état de votre peau à chaque consultation (impossible de faire cela par téléphone), après avoir passé un accord tacite avec vous: il ou elle s’engagera à vous soigner de la meilleure façon, en accord avec les données actuelles de la médecine, mais vous devez de votre côté accepter le suivi, et les efforts de régularité dans le traitement.

Tableau : Suzanne Valadon, Autoportrait

lundi, 28 mai 2012

KERATOTHERAPEUTE , VERS UNE EXERCICE ILLEGAL DE LA DERMATOLOGIE ?

keratotherapeute.jpg
Quelle ne fut pas ma surprise récemment de lire dans la presse féminine un article sollicitant l’expertise d’un…kératothérapeute ! Si le terme m’était totalement inconnu, l’étymologie du mot ne pouvait m’échapper: il s’agit donc du soignant des cellules de la peau (alors que nous autres, pauvres dermatologues, ne sommes que des spécialistes de la peau, aucune vocation curative donc ?!).
Que les esthéticiennes revalorisent leur travail en changeant de nom ne me pose aucun problème (de même que l’ont fait les professeurs des écoles), mais ne risque-t-on pas d’induire une certaine confusion dans la tête des patientes, et quelle formation exacte ont ces kératothérapeutes ?

Après un petit tour d’horizon du net, il apparait que cette dénomination ne correspond à aucune formation des études de santé, plutôt à une autre appellation du métier d’esthéticienne, après formation théorique d’une semaine. Le but de la « consultation » est alors d’établir un « diagnostic » de votre peau, puis de « prescrire » des soins qui invariablement appartiennent à la gamme Dr Janka. Et qui est le Dr Janka ? Le fondateur de la kératopraxie…qui doit toucher de beaux dividendes lorsqu’un de ses élèves revend sa marchandise.

Alors, oui, les dermatologues peuvent être un peu en colère. Non pas que nous soyons en conflit d’intérêts avec les esthéticiennes (personne mieux qu’elles ne peut offrir une pause détente lors d’un soin du corps, avec toute la sensorialité des cosmétiques de parfumerie), mais la peau (surtout celle du visage) est un organe particulièrement sensible et complexe, pour lequel on ne peut s’improviser soignant et « refourguer » des cosmétiques sur lesquels on se fait une marge.

Les soins de la peau requièrent souvent des prescriptions sur ordonnance, un suivi, voire des médicaments oraux …C’est souvent le cas dans l’acné et les pathologies de la peau sensible comme la rosacée. Et dans ces indications, les consultations et la plupart des traitements sont (au moins partiellement) pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles.

Enfin, la consultation de dermatologie est également l’occasion de faire du dépistage et de vérifier les grains de beauté.
Alors, feriez-vous soigner vos yeux chez l’opticien ? Non, vous allez chez l’ophtalmologue.

Donc n’oublions pas que la consultation de dermatologie, aussi banale qu’elle puisse paraître aux yeux de certains, fait appel à des connaissances vastes de la physiologie et des pathologies cutanées, et que lorsque votre médecin regarde, même rapidement, votre peau, tout un travail d’analyse est réalisé, synthèse de plus de 10 ans de médecine. Car pour soigner sa peau, c’est bien à un dermatologue, diplômé de la Faculté de Médecine, qu’il faut faire appel.

lundi, 7 mai 2012

LES ANGLAIS ET LA PROTECTION SOLAIRE

las_anglais_et_la_protection_solaire.jpg

Communiqués en mai 2011 lors du mois du mélanome, les résultats d’une enquête menée par La Roche Posay en Angleterre sont inquiétants.

En effet, selon cette étude, malgré la communication faite sur l’explosion des cancers de peau, 36% des Anglais n’appliquent pas d’écran solaire lorsqu’ils sont sur leur île, et 13% n’en applique jamais, même en vacances au soleil. Or, la majorité de ces personnes a la peau claire et représente donc le type même du sujet à risque.

On s’étonne également d’autres chiffres traduisant une totale ignorance concernant les dégâts solaires, et on peut se poser la question de savoir auprès de quelle population exactement a été fait ce sondage : comment est-il possible que 86% des sondés ignorent ce que sont les UVA et UVB, que 58% admettent qu’ils pensent inutile de mettre un écran solaire au moins 30, que 25% sont plus concernés par le fait de bronzer que de se protéger ?? Même le blondinet de la photo – un catcheur américain pour ceux qui ne l’ont pas reconnu – semble ne pas pouvoir rivaliser avec nos champions de voisins !

Chaque année au Royaume-Uni, 100 000 nouveaux cancers de peau sont diagnostiqués.
Les facteurs de risque de ces cancers sont les expositions intenses et brèves au soleil (coups de soleil donc), mais également les expositions faibles, mais régulièrement cumulées.

En France, les chiffres sont les suivants : 90 000 cancers de peau diagnostiqués par an (oui, oui, ça fait bien 247 par jour, soit 10 par heure, soit 1 toutes les 6 minutes), parmi lesquels 8000 cas de mélanome, le cancer cutané le plus redoutable puisqu’il tue 1000 personnes par an (oui, presque 3 personnes par jour).

Alors, il est probable que nous n’avons pas assez communiqué sur le sujet, mais si ce n’était pas clair pour tous, il faut continuer à faire passer le message : ces morts sont pour la plupart évitables, à condition d’un peu de bon sens, et d’une bonne protection solaire (sous forme de vêtements et crèmes), dès la plus petite enfance chez les sujets à peau claire.

Lien

Photo

lundi, 26 mars 2012

COUPEROSE : QUE SAIT-ON DE PLUS AUJOURD’HUI ?

couperose_que_sait_on_de_plus.jpg

Maladie de la femme à la peau claire, rougissements dus aux émotions chez ces dames … ? Pas vraiment ! Les études épidémiologiques et physiopathologiques menées ces dernières années sur la couperose (rosacée de son nom médical) dressent un autre portrait de cette maladie vasculaire.

Si tous les auteurs s’accordent pour dire que la rosacée débute souvent après 30 ans (avec un pic de prévalence vers 50 ans), la réalité de la consultation de dermatologie nous montre une part non négligeable de jeunes patientes dont les bouffées vasomotrices du visage peuvent commencer à la vingtaine.

Concernant la classique prédominance féminine, cela ne pourrait être qu’un biais de recrutement dans les études, les femmes consultant plus volontiers pour leur peau que les hommes. Une étude irlandaise notamment, réalisée sur une population d’employés tout-venants, a montré en 2010 une majorité d’hommes pour les cas de rosacée avec boutons rouges (forme papulopustuleuse).

Quant aux chiffres, ils est difficile d’évaluer la prévalence de la rosacée - couperose, bon nombre de patients ne consultant jamais, mais il est probable que nos données sous-estiment la réalité. Il est en revanche certain que la prévalence augmente lorsqu’on monte vers le nord.
Des études retrouvent par exemple les chiffres de 1% de la population en Grèce, 2% aux USA, et 10% en Suède.
En France ce serait 2 à 3 % de la population adulte qui serait touchée. Il suffit de regarder vos congénères dans un avion ou au cinéma pour vous en convaincre.

Parmi les facteurs de risque de rosacée, le principal est le phototype clair (peau claire et/ou yeux clairs), mais il existe des sujets très bruns à peau mate qui présentent également cette pathologie.

Enfin, concernant les causes de cette mystérieuse affections, il demeure de nombreux points non éclaircis. Ce que l’on sait aujourd’hui est qu’il existe des anomalies du derme – le tissu de soutien de la peau – avec de nombreux microvaisseaux et de l’œdème. La peau apparait donc très vascularisée et « engorgée ».
Il existe également une anomalie dans le système veineux du visage. En effet, normalement, lorsque la température du corps s’élève (effort sportif par exemple), il existe un mécanisme permettant de refroidir le sang artériel arrivant au cerveau pour éviter la surchauffe : le sang de la veine faciale, plutôt que de s’écouler normalement vers le bas, repart vers le haut par la veine angulaire de l’œil et se refroidit alors. Puis ce sang veineux plus frais redescend en passant autour du siphon artériel carotidien et rafraichit donc un peu le sang artériel qui monte par là au cerveau.
Mais dans la rosacée, il a été démontré que ce système de refroidissement est déficient, ce qui fait penser qu’il existe peut-être un défaut primitif de la vascularisation faciale qui, sous l’influence de divers facteurs, finit par créer des conditions favorables au développement de la rosacée, avec œdème facial et varices du visage.

On comprend ainsi mieux l’intérêt de certains traitements comme les antibiotiques anti-inflammatoires pour lutter contre les poussées inflammatoires ou le laser vasculaire pour coaguler les vaisseaux de surface.

Références :

  • Chosidow O. Epidémiologie de la rosacée : données actualisées. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S124
  • Cribier B. Physiopathologie de la rosacée. Rougeurs, couperose et rosacée. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S129



Photo

- page 2 de 4 -