Dermatologie et Esthétique

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lundi, 28 mai 2012

KERATOTHERAPEUTE , VERS UNE EXERCICE ILLEGAL DE LA DERMATOLOGIE ?

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Quelle ne fut pas ma surprise récemment de lire dans la presse féminine un article sollicitant l’expertise d’un…kératothérapeute ! Si le terme m’était totalement inconnu, l’étymologie du mot ne pouvait m’échapper: il s’agit donc du soignant des cellules de la peau (alors que nous autres, pauvres dermatologues, ne sommes que des spécialistes de la peau, aucune vocation curative donc ?!).
Que les esthéticiennes revalorisent leur travail en changeant de nom ne me pose aucun problème (de même que l’ont fait les professeurs des écoles), mais ne risque-t-on pas d’induire une certaine confusion dans la tête des patientes, et quelle formation exacte ont ces kératothérapeutes ?

Après un petit tour d’horizon du net, il apparait que cette dénomination ne correspond à aucune formation des études de santé, plutôt à une autre appellation du métier d’esthéticienne, après formation théorique d’une semaine. Le but de la « consultation » est alors d’établir un « diagnostic » de votre peau, puis de « prescrire » des soins qui invariablement appartiennent à la gamme Dr Janka. Et qui est le Dr Janka ? Le fondateur de la kératopraxie…qui doit toucher de beaux dividendes lorsqu’un de ses élèves revend sa marchandise.

Alors, oui, les dermatologues peuvent être un peu en colère. Non pas que nous soyons en conflit d’intérêts avec les esthéticiennes (personne mieux qu’elles ne peut offrir une pause détente lors d’un soin du corps, avec toute la sensorialité des cosmétiques de parfumerie), mais la peau (surtout celle du visage) est un organe particulièrement sensible et complexe, pour lequel on ne peut s’improviser soignant et « refourguer » des cosmétiques sur lesquels on se fait une marge.

Les soins de la peau requièrent souvent des prescriptions sur ordonnance, un suivi, voire des médicaments oraux …C’est souvent le cas dans l’acné et les pathologies de la peau sensible comme la rosacée. Et dans ces indications, les consultations et la plupart des traitements sont (au moins partiellement) pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles.

Enfin, la consultation de dermatologie est également l’occasion de faire du dépistage et de vérifier les grains de beauté.
Alors, feriez-vous soigner vos yeux chez l’opticien ? Non, vous allez chez l’ophtalmologue.

Donc n’oublions pas que la consultation de dermatologie, aussi banale qu’elle puisse paraître aux yeux de certains, fait appel à des connaissances vastes de la physiologie et des pathologies cutanées, et que lorsque votre médecin regarde, même rapidement, votre peau, tout un travail d’analyse est réalisé, synthèse de plus de 10 ans de médecine. Car pour soigner sa peau, c’est bien à un dermatologue, diplômé de la Faculté de Médecine, qu’il faut faire appel.

lundi, 21 mai 2012

LA SECURITE DES COSMETIQUES JAPONAIS UN AN APRES FUKUSHIMA

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L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011 au Japon, s’ il pose le problème de la contamination des denrées alimentaires, pose aussi celui des la contamination des produits cosmétiques, composés majoritairement d’eau.

Dans le but de veiller à la non contamination des produits importés, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a été saisie le 22 avril 2011 par la Direction générale de la santé (DGS) sur la sécurité d’utilisation des produits cosmétiques ainsi que des matières premières entrant dans leur composition en provenance du Japon.
Voici ce que l’on trouve sur le site de l’Afssaps pour ceux qui souhaitent se rassurer.

Les informations en provenance du Japon indiquent que seuls les radionucléides iode 131, césium 134 et césium 137 sont retrouvés dans des denrées alimentaires et des aliments pour animaux.
Depuis l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, les informations communiquées par la Mission du Japon au niveau européen à la Commission européenne indiquent qu’au 7 avril 2011, aucune contamination de marchandises non-alimentaires en provenance du Japon n’avait été détectée. Toutefois, il semble que les autorités japonaises n'effectuaient pas non plus de contrôle sur les produits destinés à l’exportation.

L’Afssaps rappelle qu’il est de la responsabilité du fabricant de s’assurer de l’absence de contamination des matières premières ou des produits cosmétiques.
Les fabricants importateurs et responsables de la mise sur le marché de produits cosmétiques doivent pouvoir justifier de l’absence de contamination par des radionucléides en assurant la traçabilité, pour chaque lot de matière première et produit cosmétique importés du Japon, des informations relatives.

Les produits non-conformes doivent être éliminés en toute sécurité selon les exigences requises par la réglementation.

En pratique donc, on se fie au sérieux et à l’honnêteté du fabricant…

Il faut donc recommander la plus grande prudence en vertu du principe de précaution, et ce d’autant plus que les autorités sanitaires françaises ne peuvent pas surveiller tout ce qui relève d’achats directs au Japon par les particuliers, via internet.

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lundi, 14 mai 2012

NANOPARTICULES DES FILTRES SOLAIRES: LE POINT SUR LA SECURITE

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Le soleil est arrivé, et avec lui, la nécessité de protéger les peaux claires et les enfants.
Parmi tous les produits solaires disponibles, certains contiennent des nanoparticules de dioxyde de titane ou d’oxyde de zinc. Voici l’occasion de faire le pont sur ces produits très surveillés par l’Afssaps.

Le 21 janvier 2008, l’Afssaps a été saisie par la Direction générale de la santé (DGS) sur le thème des nanomatériaux dans les produits cosmétiques, afin de se prononcer sur le risque de toxicité cancérogène voire génotoxique induit par l’utilisation du dioxyde de titane (TiO2) dans les produits précités, du fait notamment de la classification en février 2006 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), en catégorie 2B, c’est-à-dire comme potentiellement cancérigène pour l’homme.
Or, même appliqués sur la peau, un cosmétique peut présenter un passage dans le sang.

Une des études de référence sur ce sujet est celle retenue par la FDA américaine et réalisée sur des mini-porcs (modèle le plus porche de l’humain) en 2010. Elle montre que le dioxyde de titane se retrouve dans les ganglions de l’animal lorsque les produits sont appliqués plusieurs fois par jour durant 3 semaines (comme c’est le ca lorsque nous utilisons un produit solaire).
En matière de toxicité sur les cellules atteinte, elle semble réelle mais difficile à quantifier et qualifier.il n’y a pas de lien direct établi à ce jour entre l’application de ces substances et la survenue de cancer, mais l’Afssaps ne peut conclure à l’innocuité de ces produits.

Dans l’attente de nouvelles études sur le sujet, voici les recommandations de l’Afssaps sur l’utilisation des écrans solaires contenant des nanoparticules d’oxyde de zinc (ZnO) ou de dioxyde de titane (TiO2):

  • Le ZnO ne peut pas être utilisé en tant que filtre UV tant que ce dernier n’est

pas inscrit à l’annexe VII de la directive cosmétique (Article 4 de la directive cosmétique 76/768/CEE, point g)

  • L’Afssaps recommande de ne pas utiliser de produit cosmétique notamment les produits de protection solaire contenant du TiO2 sous forme nanoparticulaire sur :
  • la peau lésée, à la suite d’érythèmes solaires (ou « coups de soleil ») par exemple, et ceci en l’absence de données d’absorption cutanée spécifiques ;
  • le visage et dans des locaux fermés lorsque ces dernières sont contenues dans des «sprays» aérosol, dans l’attente de données permettant de finaliser l’évaluation du risque par voie aérienne.



Référence : Sadrieh N., Wokovich A.M., Gopee N.V., Zheng J., Haines D., Parmitter D. et al. (2010). Lack of significant dermal penetration of titanium dioxide from sunscreen formulations containing nano- and submicron-size TiO2 particles. Toxicological Sciences 115: 156-66.

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lundi, 7 mai 2012

LES ANGLAIS ET LA PROTECTION SOLAIRE

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Communiqués en mai 2011 lors du mois du mélanome, les résultats d’une enquête menée par La Roche Posay en Angleterre sont inquiétants.

En effet, selon cette étude, malgré la communication faite sur l’explosion des cancers de peau, 36% des Anglais n’appliquent pas d’écran solaire lorsqu’ils sont sur leur île, et 13% n’en applique jamais, même en vacances au soleil. Or, la majorité de ces personnes a la peau claire et représente donc le type même du sujet à risque.

On s’étonne également d’autres chiffres traduisant une totale ignorance concernant les dégâts solaires, et on peut se poser la question de savoir auprès de quelle population exactement a été fait ce sondage : comment est-il possible que 86% des sondés ignorent ce que sont les UVA et UVB, que 58% admettent qu’ils pensent inutile de mettre un écran solaire au moins 30, que 25% sont plus concernés par le fait de bronzer que de se protéger ?? Même le blondinet de la photo – un catcheur américain pour ceux qui ne l’ont pas reconnu – semble ne pas pouvoir rivaliser avec nos champions de voisins !

Chaque année au Royaume-Uni, 100 000 nouveaux cancers de peau sont diagnostiqués.
Les facteurs de risque de ces cancers sont les expositions intenses et brèves au soleil (coups de soleil donc), mais également les expositions faibles, mais régulièrement cumulées.

En France, les chiffres sont les suivants : 90 000 cancers de peau diagnostiqués par an (oui, oui, ça fait bien 247 par jour, soit 10 par heure, soit 1 toutes les 6 minutes), parmi lesquels 8000 cas de mélanome, le cancer cutané le plus redoutable puisqu’il tue 1000 personnes par an (oui, presque 3 personnes par jour).

Alors, il est probable que nous n’avons pas assez communiqué sur le sujet, mais si ce n’était pas clair pour tous, il faut continuer à faire passer le message : ces morts sont pour la plupart évitables, à condition d’un peu de bon sens, et d’une bonne protection solaire (sous forme de vêtements et crèmes), dès la plus petite enfance chez les sujets à peau claire.

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lundi, 30 avril 2012

INJECTIONS : LE MIEUX EST-IL L’ENNEMI DU BIEN ?

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Les injections, qu’elles soient d’acide hyaluronique ou de toxine botulique, sont destinées à atténuer les rides du visage, à détendre les traits et à ralentir le cours du temps. Spécificité française ou exception culturelle, nous avons dans notre pays des patientes qui souhaitent des résultats naturels, le comble de la vulgarité étant pour certaines que l’acte puisse être identifié.

Au contraire, dans la plupart des autres pays, l’injection est un signe extérieur de richesse et l’on considère que « si l’on paye, il faut que ça se voit ».
Dans certains autres cas, la pression est telle sur les épaules des femmes, que la quête de la perfection se poursuit inexorablement, par exemple chez certaines américaines qui s’imposent d’être performantes et « successfull » sur tous les plans.

Pourtant, s’il y a bien un domaine où il faut savoir s’arrêter, c’est en matière d’injections. Le mieux est en effet l’ennemi du bien sur un visage, et de même que le sel, il est facile de rajouter de l’acide hyaluronique ou de la toxine botulique, mais il est difficile d’en enlever lorsqu’on a eu la main trop lourde !

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Parmi les erreurs classiques avec la toxine botulique, on peut citer :

  • La tentation du vouloir totalement lisser le front, ce qui peut entrainer un abaissement trop marqué des sourcils (et oui, le muscle frontal sert à élever les sourcils) d’où un air endormi ou morne.
  • L’injection d’une dose élevée de toxine sur les pattes d’oie afin de les lisser, mais cela perturbe aussi la pompe de drainage lymphatique de la paupière inférieure, qui devient donc lourde et pochée.
  • Les injections trop basses au niveau de la patte d’oie, entrainant une atteinte du muscle petit zygomatique (essayez donc de sourire après ça…de toute façon vous n’en aurez plus envie).
  • Le rajout de toxine au niveau des rides du lion (qui sont il est vrai parfois coriaces), entrainant une petite diffusion de produit au niveau du releveur de la paupière supérieure. La paupière devient alors lourde est difficile à maquiller pendant quelques semaines.


Concernant l’acide hyaluronique, on peut également citer classiquement:

  • L’injection de produits trop épais ou en trop grande quantité au niveau des cernes ou des rides de la lèvre supérieure : l’appel d’eau associée à la mise en place du filler peut entrainer une surcorrection avec des poches sous les yeux ou une projection de la lèvre supérieure en avant. Dans le pire des cas, un « boudin » de produit est visible.
  • Les injections trop généreuses au niveau des lèvres ( la hantise des Françaises qui ont toujours quelques contre-exemple à citer avant l’injection : « Docteur, je ne veux surtout pas ressemble à… »). Sur cette zone particulièrement délicate, il convient de respecter les proportions de la bouche (longueur/largeur), et l’anatomie initiale (on ne peut pas recréer le dessin des lèvres, seulement les remplir plus ou moins).
  • Les injections du bas du visage afin de redessiner l’ovale et éviter un lifting : croyez-vous sincèrement que le fait de charger les volumes du menton et du bas des joues va améliorer l’apparence lorsqu’on a un problème d’affaissement des tissus ??


Dans tous les cas, donc, il vaut mieux être un peu sous-corrigé que sur-corrigé. Et ce d’autant plus que la régularité des injections (sans excès tout de même) est récompensée par une meilleure durabilité du produit, y compris avec la toxine botulique.

Le travail de correction se fait donc au fil des années, en douceur, et dans la discrétion pour celles et ceux qui ne veulent pas raconter leur vie.

Photos: Jocelyn Wildenstein, la femme panthère, puis les frères Bogdanov

lundi, 23 avril 2012

LES COSMETIQUES SONT-ILS DANGEREUX POUR NOTRE SANTE ? (2/2)

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Au niveau européen, il existe de nombreux produits contenant des ingrédients reconnus comme dangereux.
S’il s’agit bien souvent d’allergies de contact, des effets secondaires plus graves sont parfois rapportés, bien souvent après des expositions massives. On retrouve par exemple :

  • Les teintures et colorations capillaires ; les produits de frisage et lissage
  • Les produits dépilatoires
  • Les filtres solaires (en particulier le 3-Benzylidene-camphor qui a fini par être interdit en aout 2011 en France)
  • Les nanoparticules
  • Le fluor
  • Le peroxyde d’hydrogène
  • Les acrylates
  • Les conservateurs
  • Les tensio-actifs
  • Les parfums, aromes et colorants


Attention, cette liste n’est pas exhaustive, elle ne contient pas notamment les produits pour lesquels il n’y a pas de responsable de mise sur le marché.

Par ailleurs, il existe des subsistances que l’on retrouve dans des cosmétiques illicites (dits « underground »), par exemple :

  • La paraphénylènediamine contenue dans les tatouages éphémères noirs
  • Le clobétasol ou l’hydroquinone contenu sdans les dépigmentants illicites

Et de nombreuses autres substances dans des produits importés ou contrefaits.

Par ailleurs, il est important de citer que les cosmétiques bio peuvent aussi générer des effets secondaires graves :

  • Convulsions du nourrisson après application d’huiles essentielles
  • Eczémas de contact, en particulier au baume du Pérou, au colophane, au Fragrance Mix, et aux lactones sesquiterpéniques.


Mais là encore, la liste n’est pas exhaustive.

Alors, sans sombrer dans la paranoïa, un petit nettoyage de nos placards et une utilisation raisonnée des cosmétiques sont peut-être à prévoir…

Référence : Vigan M. Bénéfices et danger des composants des cosmétiques. Dermatologie Pratique. 2011; 352 : 12.

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lundi, 16 avril 2012

LES COSMETIQUES SONT-ILS DANGEREUX POUR NOTRE SANTE ? (1/2)

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Un cosmétique ne pouvant pas avoir d’allégation thérapeutique, on le considère souvent à tort comme inoffensif. Destinés à embellir et parfumer le corps, ces produits font pourtant l’objet d’une cosmétovigilance par l’Afssaps, et de déclarations d’effets secondaires croissantes ces dernières années.

Alors les cosmétiques sont-ils dangereux ?

En matière de vigilance sanitaire, on définit comme dangereux un produit susceptible d’altérer gravement la santé. Et on définit par grave, un effet nécessitant une intervention médicale ou chirurgicale. Enfin, le danger peut provenir d’un usage normal du produit, comme d’un mésusage (utilisation anormale du produit, non prévue par le fabriquant).

Dans les conditions normales d’utilisation, on liste les dangers suivants :

  • Risques aigus au niveau cutané : principalement les brulures (par erreur de composition du lot ou faute technique)
  • Risques chroniques au niveau cutané : les pigmentations, les poussées d’acné, l’hyperpilosité ou la dépilation, la survenue de vergetures et les irritations.
  • Les risques extra-cutanés : une atteinte du système immunitaire (allergie immédiate ou retardée), une atteinte toxique d’autres organes (foie, système nerveux, poumons, glandes endocrines), voire une toxicité sur les fonctions reproductrices, des cancers et décès…


Enfin, il est à noter que les dangers sur l’environnement sont encore mal évalués, mais ils sont bien réels.

En conclusion, devant tout effet secondaire qui vous semble lié à l’usage d’un cosmétique, l’avis d’un professionnel de santé est important. Il décidera, le cas échéant, de l’opportunité d’une déclaration en cosmétovigilance voire de vous orienter vers un service d’allergologie.

Les principaux ingrédients répertoriés comme dangereux en France feront l’objet du billet suivant.

Référence : Vigan M. Bénéfices et danger des composants des cosmétiques. Dermatologie Pratique. 2011; 352 : 12.

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lundi, 9 avril 2012

LES PRINCIPAUX ALLERGENES DE NOS COSMETIQUES

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De plus en plus de consommateurs recherchent des cosmétiques « allégés » en excipients, sans conservateurs, ou en évitant certains produits allergisants. Sans sombrer dans la phobie, on peut en effet apprendre à déchiffrer une étiquette afin d’éviter les substances les plus irritantes.

Parmi les allergènes les plus couvent retrouvés en cosmétique (ceux que l’on teste systématiquement lorsqu’il y a suspicion d’allergie de contact), on citera :

  • Le baume du Pérou, un mélange aromatique fait de résines et huiles essentielles.
  • Le formaldéhyde, qui est un conservateur fréquemment utilisé.
  • Le « fragrance mix », qui est un mélange de parfums.
  • La lanoline ou cire de laine (encore dénommée wool alcohols), qui retient l’eau.
  • Les parabens, qui sont des conservateurs.
  • La PPD ou paraphénylènediamine, qui est un colorant, en particulier des teintures capillaires ou des tatouages au henné noir.
  • La « toluene sulphonamide formaldehyde resin » (TSF resin), qui est le polymère le plus fréquemment retrouvé dans le vernis à ongles.
  • Le quaternium-15 est aussi un conservateur qui relargue du formaldéhyde.
  • La « rosin » ou « colophony » est une résine solide principalement issue de conifères.


En cas de suspicion d’allergie, une consultation en dermatologie ou allergologie est nécessaire, afin de confirmer le diagnostic et de planifier des tests le cas échéant. Le médecin vous remettra ensuite les résultats qui devraient vous permettre de traquer et éviter les coupables.

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lundi, 2 avril 2012

LES GOMMAGES DU VISAGE : OUI MAIS AVEC CERTAINES PRECAUTIONS

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Quelles que soient les cultures concernées, les techniques d’exfoliation ont toujours eu du succès à travers les âges, et la plupart des gens savent d’instinct que leur peau en tirera des bénéfices.

En effet, le seul fait de réaliser un geste de nettoyage plus appuyé ou prolongé que d’habitude donne une sensation subjective de « purification », cette sensation de propreté étant très recherchée chez l’Homme comme chez l’animal. De plus, les techniques d’exfoliation, quelles qu’elles soient, sont des pauses prolongées et relaxantes qui éveillent nos sens, l’odorat et le toucher étant particulièrement flattés à l’occasion de cette trêve dans une vie bouillonnante.
Enfin, le fait d’exfolier sa peau régulièrement entraine une stimulation de la collagénèse, ce qui améliore la tonicité et l’élasticité de la peau. Pas étonnant donc qu’on y soit « accro » !

Le choix de la technique se fait sur différents critères : masques, microbilles exfoliantes, gants ou filets, brosses…la bonne technique est celle qui vous détend et respecte la sensibilité éventuelle de votre peau. En pratique, on évitera quand même sur les visages sensibles tous les frottements car ils risquent d’entrainer des réactions vasomotrices (rougeurs soutenues et prolongées) et une exfoliation plus profonde que nécessaire.
Sur les peaux à tendance acnéique, ou chez les fumeuses, l’argile verte permet de lutter contre l’hyperséborrhée, et les exfoliants à base de microbilles donnent une sensation de nettoyage en profondeur très satisfaisante.

Quant à la marche à suivre, elle est toujours la même : préférer le soir pour nettoyer votre visage et le débarrasser des saletés et sécrétions sébacées de la journée, et de préférence un jour où vous avez du temps, afin de profiter de la pause relaxante.
Le visage sera nettoyé et démaquillé en douceur au coton avec une lotion micellaire ou un lait de toilette, puis vous réaliserez tranquillement le gommage. A l’issu du geste, une crème sera appliquée, en favorisant les crèmes contenant des actifs particuliers car elles pénètrent mieux à la suite d’un exfoliation.

Sachez enfin qu’il y a des précautions d’emploi avec les gommages si vous ne voulez pas que votre peau vous rappelle à l’ordre. On évitera en particulier :

  • De réaliser des gommages plus d’une fois par semaine. La tentation est grande, mais à trop titiller et stimuler votre peau, vous pouvez réveiller acné et sensibilité du visage.
  • De réaliser des gommages lorsque la peau est plus sensible, en hiver par exemple.
  • De réaliser des gommages du visage lorsqu’on prend déjà des soins exfoliants pour l’acné (AHA, vitamine A acide…), car vous risquez de majorer les irritations et de ne plus supporter vos soins en crème.
  • De réaliser trop de gommages en été. En effet, non seulement votre peau a besoin de s’épaissir pour se défendre contre le soleil, mais en plus il faut éviter de l’irriter en période ensoleillée car le soleil favorise alors la formation de taches à la place des rougeurs. Le meilleur moment pour vous remettre aux gommages est donc l’automne et la période de la rentrée.
  • De réaliser des gommages fréquents si l’on a une pathologie cutanée chronique : eczéma, psoriasis et également acné peuvent prendre de l’ampleur lorsqu’on stimule sa peau.

Alors à vos masques, prêt, partez !

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lundi, 26 mars 2012

COUPEROSE : QUE SAIT-ON DE PLUS AUJOURD’HUI ?

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Maladie de la femme à la peau claire, rougissements dus aux émotions chez ces dames … ? Pas vraiment ! Les études épidémiologiques et physiopathologiques menées ces dernières années sur la couperose (rosacée de son nom médical) dressent un autre portrait de cette maladie vasculaire.

Si tous les auteurs s’accordent pour dire que la rosacée débute souvent après 30 ans (avec un pic de prévalence vers 50 ans), la réalité de la consultation de dermatologie nous montre une part non négligeable de jeunes patientes dont les bouffées vasomotrices du visage peuvent commencer à la vingtaine.

Concernant la classique prédominance féminine, cela ne pourrait être qu’un biais de recrutement dans les études, les femmes consultant plus volontiers pour leur peau que les hommes. Une étude irlandaise notamment, réalisée sur une population d’employés tout-venants, a montré en 2010 une majorité d’hommes pour les cas de rosacée avec boutons rouges (forme papulopustuleuse).

Quant aux chiffres, ils est difficile d’évaluer la prévalence de la rosacée - couperose, bon nombre de patients ne consultant jamais, mais il est probable que nos données sous-estiment la réalité. Il est en revanche certain que la prévalence augmente lorsqu’on monte vers le nord.
Des études retrouvent par exemple les chiffres de 1% de la population en Grèce, 2% aux USA, et 10% en Suède.
En France ce serait 2 à 3 % de la population adulte qui serait touchée. Il suffit de regarder vos congénères dans un avion ou au cinéma pour vous en convaincre.

Parmi les facteurs de risque de rosacée, le principal est le phototype clair (peau claire et/ou yeux clairs), mais il existe des sujets très bruns à peau mate qui présentent également cette pathologie.

Enfin, concernant les causes de cette mystérieuse affections, il demeure de nombreux points non éclaircis. Ce que l’on sait aujourd’hui est qu’il existe des anomalies du derme – le tissu de soutien de la peau – avec de nombreux microvaisseaux et de l’œdème. La peau apparait donc très vascularisée et « engorgée ».
Il existe également une anomalie dans le système veineux du visage. En effet, normalement, lorsque la température du corps s’élève (effort sportif par exemple), il existe un mécanisme permettant de refroidir le sang artériel arrivant au cerveau pour éviter la surchauffe : le sang de la veine faciale, plutôt que de s’écouler normalement vers le bas, repart vers le haut par la veine angulaire de l’œil et se refroidit alors. Puis ce sang veineux plus frais redescend en passant autour du siphon artériel carotidien et rafraichit donc un peu le sang artériel qui monte par là au cerveau.
Mais dans la rosacée, il a été démontré que ce système de refroidissement est déficient, ce qui fait penser qu’il existe peut-être un défaut primitif de la vascularisation faciale qui, sous l’influence de divers facteurs, finit par créer des conditions favorables au développement de la rosacée, avec œdème facial et varices du visage.

On comprend ainsi mieux l’intérêt de certains traitements comme les antibiotiques anti-inflammatoires pour lutter contre les poussées inflammatoires ou le laser vasculaire pour coaguler les vaisseaux de surface.

Références :

  • Chosidow O. Epidémiologie de la rosacée : données actualisées. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S124
  • Cribier B. Physiopathologie de la rosacée. Rougeurs, couperose et rosacée. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S129



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lundi, 19 mars 2012

COUPEROSE : HISTOIRE D’UNE MALEDICTION

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Surnommée la « malédiction des Celtes » car elle touche principalement les sujets blonds aux yeux clairs et prédomine au nord de l’Europe, la couperose est une maladie « affichante » entrainant une grande souffrance psychologique.

L’élément principal de cette pathologie étant la rougeur faciale, cette maladie a donc toujours été considérée comme une maladie « populaire », au sens péjoratif du terme, car le teint rouge est celui des classes laborieuses, exposées au soleil et au froid, ou à certaines sources de chaleur dans leur profession (cuisinières, machinistes, souffleurs de verre ...).
D’autre part, depuis l’Antiquité, la rougeur du visage est décrite comme liée à la consommation d’alcool; ça ne sera que beaucoup plus tard que la médecine décrira la rosacée, qui ne présente pas de lien avec l’alcoolisme. Il persiste malgré tout chez les patients qui consultent une sorte de honte liée à ces rougeurs, et aux préjugés qui y sont associés.

Historiquement, les premières descriptions de cette pathologie datent du XIVème siècle avec Guy de Chauliac, puis au XVIème siècle avec Ambroise Paré qui surnomma les lésions « gutta rosacea », qui devint « goutte rose », puis couperose. Les « visages sanguins » furent ensuite largement décrits par les écrivains du XIXème siècle, de Balzac à Proust. Parallèlement, c’est aussi au XIXème siècle que les observations médicales commencent à faire le lien entre le climats froids et la fréquence des lésions.

Enfin, sur le plan thérapeutique, le premier à avoir compris le lien entre l’hypervascularisation superficielle de la peau et les lésions et de Chauliac qui, au Moyen-âge, proposait déjà à ses patients « un régime rafraichissant, la saignée de la veine frontale, l’application de sangsues dans les narines (..) ».

700 ans plus tard, nous asséchons une partie des lésions au laser, mais n’avons toujours pas résolu le problème veineux facial sous-jacent, et certaines formes de la maladie peuvent apparaitre aussi désespérantes qu’au XIVème siècle. D’où la notion de transmission de la malédiction à ses descendants…

Référence : Cribier B. Histoires de visages rouges : art, culture et représentations médicales. Ann Dermatol Venereol. 2011 ; 138 :S116

Source photo : Le vieil homme et l'enfant, Domenico Ghirlandaio

lundi, 12 mars 2012

LA RADIOFREQUENCE PULSEE POURRAIT ACCELERER LA CICATRISATION

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On connaissait les propriétés pro-cicatrisantes des sources infra-rouges et des L.E.D., mais il semble que certaines sources de radio-fréquence puissent également accélérer la cicatrisation.

Une publication de juin 2011 vient étayer cette hypothèse. Des chercheurs se sont en effet intéressés à la radiofréquence pulsée comme inducteur des voies de la cicatrisation. Car si les données cliniques et microscopiques actuelles montrent clairement une efficacité dans l’activation du remodelage et de la collagénèse cutanés, les mécanismes supposés ne sont pas encore identifiés.

Dans cette étude, 26 souris diabétiques (le diabète entraine des difficultés de cicatrisation et des plaies chroniques) présentant des blessures cutanées ont été traitées, avec répartition au hasard: 13 avec radiofréquence, 13 autres avec un dispositif placébo, et ce au rythme de deux fois par jour. Le taux de fermeture des plaies a été évalué par analyse digitale de la surface de perte de substance.
Dans le groupe traité par radiofréquence, le taux de fermeture de la plaie était significativement accéléré, surtout après 17 jours de traitement.
D’autres paramètres techniques permettant d’évaluer la cicatrisation étaient également majorés par la radiofréquence.
La conclusion portée par les auteurs est que la radiofréquence pulsée accélère la cicatrisation des plaies cutanées principalement en stimulant la contraction (permettant le rapprochement des berges), la formation du tissu cicatriciel et la formation de collagène.

Ceci est concordant avec ce qui est observé pour le remodelage des tissus sains, mais il reste beaucoup de choses à identifier dans la cascade complexe des voies de la cicatrisation.

Référence: Li Q. Pulsed Radiofrequency Energy Accelerates Wound Healing in Diabetic Mice. Plastic & Reconstructive Surgery. 2011;127( 6): 2255-2262

lundi, 5 mars 2012

L’AUTOGREFFE DE GRAISSE ASSOCIEE AU PLASMA RICHE EN PLAQUETTES POUR LES SEINS: UNE VOIE D’AVENIR ?

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Le lipofilling est une technique validée qui consiste à transférer de la graisse autologue (le patient est son propre donneur) d’un endroit du corps à l’autre afin d’en restaurer les volumes.
Si cette interventions est aujourd’hui bien maitrisée, les chirurgiens cherchent d’une part à améliorer son rendement pour le patient (car une partie de cette greffe peut ne pas prendre, ou mal tenir dans le temps), d’autre part à étendre ses indications.

Depuis quelques années, la recherche s’intéresse à l’adjonction de plasma riche en plaquettes, le fameux PRP, car les facteurs de croissance qu’il contient pourraient favoriser la prise et la tenue de la greffe.

D’autre part, les chercheurs s’orientent vers des alternatives plus biocompatibles que les prothèses mammaires pour l’augmentation du volume des seins. Le transfert de graisse pourrait donc représenter une solution en association au PRP, mais il y a peu d’études cliniques sur le sujet.

Une équipe italienne a récemment publié ses résultats dans ce domaine. 42 femmes ont subi un lipofilling dans le but d’augmenter le volume mammaire, parmi lesquelles : 17 avec de la graisse enrichie en PRP à 10%, et 25 de la graisse seule selon la technique classique de Coleman.
Le suivi par échographie sur deux ans a évalué la satisfaction clinique du patient et du médecin, le taux de nécrose du tissu graisseux après greffe, et la nécessité de recourir à une greffe supplémentaire pour atteindre l’objectif volumétrique.
A l’issu des investigations, sur cette petite série de patientes, il semble que l’adjonction de PRP à10% ne modifie pas les paramètres évalués, autrement dit, il n’y a pas dans cette série de bénéfice à compliquer la technique et à prendre un risque infectieux supplémentaire. Là encore, la technique du PRP peine à démontrer son intérêt sur le moyen et le long terme, dans le cadre d’une stimulation de tissus sains.

La référence en matière d’augmentation de volume des seins reste donc encore à ce jour la pose de prothèses.

Référence : Salgarello M. Breast Fat Grafting with Platelet-Rich Plasma: A Comparative Clinical Study and Current State of the Art. Plastic & Reconstructive Surgery.2011;127 ( 6) :2176-2185

lundi, 27 février 2012

SUIVI DES GREFFES DU VISAGE : QUAND LA SENSIBILITE REVIENT

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Vous vous souvenez tous de la première greffe partielle du visage fin 2005, puis de la première greffe totale du visage en 2010.
Toutes deux réalisées par des équipes françaises, ces prouesses techniques ont fait immédiatement beaucoup de bruit, mais on ne nous a que peu reparlé du suivi des greffés depuis.

Une étude américaine récente publiée dans le journal de référence de l’American Society of Plastic Surgeons, Plastic and Reconstructive Surgery®, fait état des améliorations progressives des patients greffés du visage.
Les chercheurs ont comparé la réapparition de la sensibilité cutanée chez 4 patients, par rapport aux améliorations notées après diverses techniques de réparation des nerfs. Parmi les 4 patients greffés, seul un a pu bénéficier d’une réparation directe des nerfs sensitifs, mais cela s’est avéré techniquement impossible chez les 3 autres.

Le suivi de ces patients montre que tous les 4 ont commencé, 2 semaines après la chirurgie, à voir réapparaitre des sensations sur la zone greffée, et que la sensibilité était redevenue quasi-normale à un an. Or ceci ne se voit pas autant lorsque le greffon est pris sur une autre partie du corps (car autant que possible, on « colmate » les pertes de substances avec la propre peau du patient, ce qui a l’avantage de la totale compatibilité des tissus).
L’hypothèse avancée pour ces surprenantes améliorations après greffe de visage est que le tissu greffé (la peau du visage d’un donneur donc) est au départ plus riche en nerfs que les autres parties du corps. Il est possible également que certains médicaments anti-rejet améliorent l’innervation, que l’absence de cicatrice pathologique permette la croissance correcte des nerfs, et le rôle de la rééducation n’est pas à négliger non plus.

Les scientifiques attendent évidemment les résultats du suivi sur de plus larges populations lorsqu’on en aura, sans oublier les études sur la qualité de vie à moyen terme de ces patients, mais ces résultats font tout de même partie des bonnes nouvelles de cette année.

Référence : Siemionow M. Pathways of sensory recovery after face transplantation Plast Reconstr Surg. 2011 ;127(5):1875-89.

lundi, 20 février 2012

LES DENTISTES BIENTOT PRIVES D’ACIDE HYALURONIQUE ?

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Il y a quelques jours, la Direction Générale de la Santé vient d’annoncer la publication prochaine d’un décret interdisant aux dentistes les injections d’acide hyaluronique. Ces produits sont communément destinés au comblement des rides, et parfois à la restauration des volumes du visage.

Placés dans le derme ou juste en dessous, ils nécessitent une parfaite connaissance de l’anatomie locale et des interactions avec le tissu cutané. Pour l’Ordre des Médecins, de telles injections n’entrent donc pas dans le champ de compétences des dentistes. Ce que ces derniers démentent considérant que « les tissus attenants aux dents, aux maxillaires et à la bouche entrent bien dans leur champ de compétences ».

Pour l’instant le débat est à suivre, mais il ne faudra pas perdre de vue que, qu’une part l’intérêt des patients doit primer sur les intérêts personnels des uns et des autres, et que d’autre part dentistes et dermatologues peuvent travailler conjointement et mettant leurs compétences complémentaires au service du patient afin d’optimiser sa prise en charge.

samedi, 18 février 2012

PRATIQUE DES LASERS ET LAMPES FLASH PAR LES ESTHETICIENNES : ENFIN DES DOMMAGES ET INTERETS

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L’article L.372-1 du code de la santé publique précise que tout mode d’épilation- sauf la cire et pince- doit être pratiqué exclusivement par des docteurs en médecine. Ça c’est la théorie, mais en pratique, nous constatons tous que certaines esthéticiennes fraudent et s’équipent d’appareils d’épilation à la lumière.
Voici un mot récent du syndicat des dermatologues, qui se bat contre ces pratiques illégales et dangereuses :


« LE SYNDICAT OBTIENT GAIN DE CAUSE A TOULON POUR EXERCICE ILLEGAL DE LA MEDECINE

Le délibéré est intervenu le 18 janvier 2012. Il reconnaît l’infraction d’exercice illégal de la médecine.

Bref rappel des faits :

Le 29 février 2008, le Syndicat National des Dermatologues a déposé une plainte entre les mains du Procureur de la République auprès du tribunal de grande instance de Toulon du chef d'exercice illégal de la médecine à l’encontre de différents instituts ou cabinets d'esthétique. Suite à cette plainte, le 13 mai 2008, une information judiciaire a été ouverte contre 9 instituts de beauté du chef d'exercice illégal de la profession de médecin. Le juge d'instruction a entendu et mis en examen les personnes morales ainsi visées, ou les personnes physiques exploitant en nom propre les activités dénoncées.

Le Syndicat a expliqué que par voie d'annonces ou de publicités, ces centres proposaient des traitements d'épilation définitive par lumière pulsée. Le Syndicat évoque que l’utilisation de cette technique par des esthéticiennes représente un risque pour la santé publique.

Le Syndicat a fait valoir que la Sécurité Sociale avait d'ailleurs codifié dans sa Classification Commune des Actes Médicaux les actes d'épilation au laser et à la lampe flash.

Le 18 novembre 2011 a eu lieu l’audience correctionnelle.

Les prévenus ont donc été reconnus coupables d’exercice illégal de la médecine, le 18 janvier 2012, et ont été condamnés à verser des dommages et intérêts au Syndicat National des Dermatologues.

Les attendus du jugement sont disponibles dans l’espace adhérents (rubrique "actualités") du site internet du Syndicat www.syndicatdermatos.org

Si vous avez connaissance de ce type de pratiques, vous pouvez nous les signaler, notre avocat tient à la disposition du Syndicat un courrier type à envoyer aux intéressés.

Syndicat National des Dermatologues"


Si l’on a enfin l’impression d’avancer pour défendre nos patients qui sont souvent démunis ou résignés (qui voit en consultation les brulures post épilation des esthéticiennes ?), on peut tout de même regretter que ce soit le Syndicat des Dermatos et non le Ministère de la Santé qui fasse la chasse aux fraudeurs…

lundi, 13 février 2012

TA-65 : LA PILULE DE JOUVENCE ?

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Fabriqué à partir de l’herbe chinoise Astragalus membranaceus, ce produit est commercialisé par une firme américaine dans le but de restaurer les fonctions déclinant avec l’âge, telles que la vision, le système immunitaire, la régulation du cholestérol et du taux de sucre dans le sang etc….

La plante interagirait avec les télomères (les extrémités de l’ADN qui se raccourcissent à chaque division cellulaire jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de quoi permettre le renouvellement de la cellule). La longueur des télomères est donc un marqueur de l’âge cellulaire sur lequel certains facteurs peuvent agir.

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Et les essais sur la souris sont intéressants, avec amélioration de la texture de la peau, de la régulation du sucre sanguin par l’insuline, repousse des poils tombés et…augmentation du taux de cancers du foie.

Vous ne pensiez tout de même pas que la pilule miracle existait ? Rappelez-vous, l’organisme des mammifères contrôle et régule chaque jour la multiplication des cellules dont le nombre est fini et prédéterminé justement par ces télomères. Les cellules anormales sont généralement éliminées ; lorsque ce n’est pas le cas et qu’elles prolifèrent à l’infini, il se développe des cancers.
Il est donc théoriquement risqué de prendre au long cours un produit modifiant la régulation des télomères.

Bon, ça ne vous rassurera peut-être pas non plus d’apprendre que le fondateur de la société commercialisant ce produit – T.A. Sciences®- est diplômé en…philosophie et business ! Voilà un beau sujet pour le bac philo cette année : « Est-il sage de vouloir influencer la nature ? »…

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Photo: La fontaine de jouvence, par Lucas Cranach

lundi, 6 février 2012

UN NOUVEAU POLYMERE POUR AMELIORER LA CICATRISATION ?

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Ce sont les résultats préliminaires d’une étude publiée l'année dernière dans une revue de chirurgie.
Des chercheurs et chirurgiens américains de l’université de Stanford ont en effet mis au point une sorte de feuille de silicone destinée à améliorer l’aspect des plaies chirurgicales récentes, en particulier lorsqu’existent des forces de tension localement qui interfèrent avec la cicatrisation. Si le silicone et la compression des cicatrices ne sont pas nouveaux (chéloïdes et cicatrices hypertrophiques), ce dispositif semble ouvrir des pistes intéressantes.

Normalement, après le retrait des sutures, la peau cicatricielle est soumise à des tensions dans différentes directions, causant l’élargissement de la cicatrice, mais aussi son épaississement (la peau forme du tissu cicatriciel pour s’adapter à ces tensions).
Avec ce dispositif, il s’agit en fait de modifier l’environnement de la cicatrice par des manipulations mécaniques à l’aide d’un dispositif fin de silicone élastique dans le but de réduire la formation de la cicatrice, après l’ablation des fils. Il y a donc des forces de compression réparties de façon uniforme sur la cicatrice.

Ceci est donc particulièrement intéressant pour les plaies soumises à des tensions importantes (typiquement le dos). Pour l’instant , les résultats chez le porc et chez une poignée de volontaires humains sont intéressants, tant sur l’aspect visuel que sur lors de l’analyse microscopique.
Il faut bien sûr attendre la suite des études, à plus grande échelle, avant de pouvoir conclure, mais l’on peut déjà se réjouir que les universitaires s’intéressent aux cicatrices, dont l’aspect esthétique ne fait pas toujours partie des préoccupations des chirurgiens.

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lundi, 30 janvier 2012

LES PRODUITS DE BEAUTE DE GRAND-MERE : POURQUOI ILS NOUS SEDUISENT ENCORE

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Même si vous n’êtes pas adepte des cosmétiques, vous ne pouvez ignorer des références « cultes » comme : la crème Nivéa, l’eau précieuse, le savon Cadum, la Terracotta ou l’ambre solaire…Mais pourquoi ces produits résistent-ils après tant d’années ( la crème Nivéa a fêté ses 100 ans en mars 2011!) ? Il y a trois grandes raisons à cela.

  • La première est que nous sommes, en France en particulier, relativement attachés à des valeurs traditionnelles : transmission d’un patrimoine culinaire, attachement au monde rural…Les marques cultes de cosmétiques se placent dans cette lignée, ils offrent une valeur sûre et rassurante, et ils ont notre confiance, car s’ils durent, c’est bien parce que sont de bons produits ? Dans un monde caricaturalement en perte de repères, la « crème de ma grand-mère », que j’ai vue utiliser par ma mère également, c’est un peu la crème « doudou », réconfortante avant tout. On lui pardonne ses petites imperfections, mais elle fait partie de la famille.
  • La deuxième grande raison, c’est que tout même, ils sont intéressants ces produits : leur composition initiale répondait à un certain niveau d’exigence et leur conférait déjà des vertus traitantes, puis les améliorations apportées par les laboratoires les ont multipliées.
  • La troisième raison de ce succès tient à la stratégie de communication lors des campagnes publicitaires.


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L’exemple le plus parlant est celui de la « bonne vieille crème » Nivéa : élaborée en 1911 par l’allemand Oscar Troplowitz, qui invente l’Eucerit (ça vous rappelle une marque dermatologique du même groupe Beiersdorf peut-être ?), la marque est aujourd’hui est le leader européen de la cosmétique visage et corps et le leader mondial de la protection solaire, avec une gamme qui se veut régulièrement innovante.

Mais on pourrait également citer la saga du « bébé Cadum » dont le nom est même familier aux enfants français d’aujourd’hui. Mis au point dans les années 1910 avec de l’huile de cade, le savon Cadum est la première savonnette à petit prix qui permet de démocratiser l’hygiène en France. La communication est rapidement axée sur le monde doux et rose des bébés et le succès est total.
La suite de la publicité se fera en mettant en scène la relation mère-enfant dans les années 60 puis père-enfant dans les années 80 où « les bébés cadum ont eu des bébés ». Dans un pays avec un taux de natalité aussi fort que la France, le message passe forcément !

Espérons que nos marques chouchoutes sauront continuer d’innover, notamment dans le bio et pour le respect de l’environnement, et l’histoire pourra continuer longtemps !

Liens :
Nivéa
Cadum

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lundi, 23 janvier 2012

L’ADDICTION AU BRONZAGE EN CABINE : UNE PATHOLOGIE PSYCHIATRIQUE ?

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On en connait tous des accros au soleil, qui s’éteignent l’hiver et ne sont bien que l’été, ou des gens à la peau brunie d’un bout à l’autre de l’année, mais saviez-vous que l’addiction au bronzage était une pathologie reconnue ?

En effet, au même titre que l’addiction au tabac ou à d’autres drogues, l’addiction au bronzage en cabine (indoor tanning) existe. Identifiée par différentes équipes psychiatriques depuis 2005, cette pathologie regroupe bien les critères qui définissent l’addiction selon le manuel de diagnostic des désordres mentaux, le DSM-IV-TR (notamment syndrome de manque, angoisse et malaise en cas d’arrêt des séances, poursuite du comportement malgré la connaissance des risques encourus…).
De plus, des études ont mis en évidence la corrélation existant entre l’usage régulier des cabines de bronzage et d’autres comportement addictifs, comme la consommation de tabac, d’alcool ou de substances illégales. Certains experts pensent donc même que le bronzage régulier en cabine pourrait être un facteur prédictif d’autres comportements addictifs.

Les cliniciens ont donc aujourd’hui un regard nouveau sur ces amateurs de bronzage (sous les UV naturels ou non) qui peuvent donc potentiellement entrer dans l’addiction, avec les conséquences destructrices que l’on connait.

Références :

  • Warthan MM, Uchida T, Wagner RF Jr. UV tanning as a type of substance-related disorder. Arch Dermatol. 2005;141:963-966
  • Heckman CJ, Egleston BL, Wilson DB, Ingersoll SK. A preliminary investigation of the predictors of tanning dependence. Am J Health Behav. 2008;32:451-464.


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